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Oh vilaine Karine Giebel, vilaine ! Pourquoi prend-t-elle un malin plaisir à torturer ses lecteurs de la sorte ? Dans un tout autre registre que l’excellent Juste une ombre qui m’avait fait trembler, Le purgatoire des innocents remplit parfaitement son sombre dessein. Plus sanglant que Juste une ombre tout en restant un véritable thriller psychologique, ce roman est un excellent cru et consacre le talent de Karine Giebel.

Nous avons ici affaire à un huit clos bien étouffant dont l’intrigue dégénère au fur et à mesure et joue habilement avec nos nerfs d’innocents lecteurs avides de sensation (ça nous apprendra !). Nous voilà gâtés pour le coup.

Ce qui ne devait être qu’un casse de bijouterie de luxe tout ce qu’il y a de plus « classique » tourne mal et mène ses instigateurs : 3 hommes et une femme, à mettre en péril leur plan parfaitement huilé. Réfugiés dans un village paumé du Centre de la France, ils prennent en otage la jeune et mystérieuse propriétaire des lieux (une ferme isolée) dans lequel ils se sont cachés. Pour couronner ce plan qui tourne mal, le plus jeune des voleurs, gravement blessé (un des policiers lui a tiré dessus), agonise dans les bras de son frère aîné, le cerveau du casse, qui menace notre otage (qui est vétérinaire) pour qu’elle le soigne, tout en gérant une situation explosive. Parallèlement à notre histoire, nous suivons la traque d’une jeune adolescente par un pervers psychopathe qui n’attend que son heure pour en faire sa prochaine victime, savourant par avance le moment où il violera son innocence. Les deux histoires sont intimement imbriquées, le lien étant la jeune femme prise en otage, qui cache un bien douloureux et inavouable secret. Tout trouvera son sens au fur et à mesure des pages au prix d’un étalage de souffrance, de manipulations et de retournements de situation. Attention, âmes sensibles s’abstenir car notre varoise Karine Giebel n’hésite pas à surenchérir dans le cruel. Ce huit clos étouffant se dévore avidement, ne nous laissant aucun répit. L’écriture de Karine Giebel toujours aussi implacable, acérée et efficace, distille un malaise et une angoisse crescendo jusqu’au dénouement final, mais chut…Et le pire dans tout ça c’est qu’on en redemande !

Le purgatoire des innocents de Karine Giebel, Fleuve noir

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