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Assurément Michel Bussi est l’auteur de thriller made in Normandie du moment. Un avion sans elle avait conjugué les éléments qui font le succès d’un thriller : une écriture simple et une intrigue ayant ce qu’il faut de suspense et de rebondissements. N’oublier jamais s’inscrit dans cette lignée et j’avoue même avoir préféré celui-ci à Un avion sans elle.

L’objectif de Jamal Salaoui est de participer à l’ultra trail du Mont Blanc et pour cela il s’entraîne dur, boosté par un mental d’acier et une force de caractère qui lui feraient presque oublier sa prothèse à la jambe (et oui notre protagoniste est unijambiste). Sa passion l’a ainsi emmené à Yport, charmante bourgade de bord de mer près d’Etretat. Comme tous les matins Jamal effectue sa course qui lui fait prendre les impressionnantes falaises balayées par le vent et la mer impétueuse. Pourtant il aurait mieux fait de ne pas se lever car il assiste impuissant à la chute d’une jeune et mystérieuse jeune femme, dont la robe déchirée laisse supposer qu’elle a été la victime malencontreuse d’un viol. Désemparé, Jamal a tenté d’empêcher la jeune femme de sauter en lui lançant l’écharpe rouge qu’il a trouvée non loin. Mais par un concours de circonstance, appelons ça la fatalité, la femme tombe. Ce qui était un triste accident devient légèrement compliqué lorsque le corps de la victime est retrouvé sur la place certes, mais avec l’écharpe autour du cou… alors quelle version croire (surtout quand il y a deux témoins) ? Les ennuis commencent pour notre bouc émissaire tout trouvé, jeune beur de banlieue en plus (oh le vilain délit de faciès). Histoire de corser la chose, Jamal commence à recevoir dans sa chambre d’hôtel (anonymement cela va sans dire) les éléments (récit, articles de presse, comptes rendus de police…) d’une affaire criminelle jamais résolue à Yport : le viol puis le meurtre de la jeune Morgane Avril, 19 ans, 10 ans plus tôt, victime qu’on avait retrouvée avec une belle écharpe rouge autour du cou… tiens tiens. Une deuxième affaire similaire (le viol puis le meurtre de Myrtille Camus et toujours la fameuse écharpe rouge) toujours en Normandie est envoyée à Jamal.
Aidé d’une étrange comparse sexy en diable avec qui il noue des liens plus qu’intimes, notre bouc émissaire de compétition va mettre le pied dans un engrenage infernal qui lui fera perdre ses repères, ses certitudes et avec cela une question lancinante qui devient omniprésence à fur et à mesure des pages : est-il si innocent ? N’est-ce pas bizarre après tout ? Le lecteur commence à douter (pour ma part cela s’est fait assez vite). Y’a pas à dire, Michel Bussi m’a bien manipulée avec son histoire et j’ai été surprise du dénouement auquel je ne m’attendais vraiment pas, challenge plus que relevé ! J’ai lu ce roman d’une traite, tournant avidement les pages, avec une seule obsession en tête : non ça ne peut pas être ce pauvre Jamal, c’est trop simple, trop facile, la vie n’a pas été tendre avec lui, alors non non et non ! Rythme, ambiance pluvieuse au rendez-vous (la Normandie en automne ne vend clairement pas du rêve mais au moins ça m’a évité d’acheter le guide vert de la région car on voyage bien dans ce thriller :)), enchaînement des situations, moult rebondissements, N’oublier jamais est un thriller efficace.
Le petit bémol et c’était déjà ce que je reprochais à Michel Bussi, réside dans le traitement un brin caricatural de certains personnages, (soyons honnêtes il s’agit du ras des pâquerettes de la psychologie) et une écriture qui manque clairement de relief et de caractère (certaines phrases sont franchement plan-plan et creuses). Certes ce n’est pas le thriller de l’année mais c’est au moins l’assurance de ne pas s’ennuyer.

N’oublier jamais de Michel Bussi, Presses de la Cité

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