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Si je devais résumer Pourquoi pas je dirais que nous avons affaire au roman d’apprentissage du serial looser par excellence. En matière de loose croyez-moi, Brian Jackson, 19 ans en est la parfaite incarnation. Cockney un peu gauche, sorti tout droit de sa province, on ne peut pas dire qu’il brille par un physique d’Apollon (sauf si l’acné purulente fait partie des derniers critères à la mode) et par une côte de popularité digne d’un classement Forbes (son amitié se résumant à arpenter le bord de mer en quête de beuveries pas chères avec ses deux complices tout aussi paumés).
En revanche, notre cher Brian est doté d’une idée fixe qui le maintient en vie : accéder au sacro-saint savoir universitaire et vivre toutes les expériences possibles qui forment un jeune homme parfaitement accompli, sexe en tête bien évidemment. L’idée qu’il se fait de l’université est tout ce qu’il y a de plus présomptueuse et stéréotypée, persuadé qu’elle fera de lui le dandy, l’intellectuel poète au charme dévastateur et à la mystérieuse personnalité qui électrisera moult midinettes sur le campus. La chute va être sévère car Brian déchante très vite, allant de désillusions en désillusions, traînant sa carcasse banale et transparente aux yeux des autres. Le constat est amer : il ne brille guère pendant ses cours de littérature anglaise, n’impressionne personne par son esprit fin et sa répartie vive, se fait peu d’amis et encore moins de petites amies, l’échec total pour résumer. Mais l’arrivée inopinée dans sa vie d’étudiant d’un challenge universitaire type Question pour un champion combinée à celle de la IT girl et de celle d’une étudiante politisée agressive à souhait, va néanmoins bouleverser la vie de notre héros.
Passons à mon avis maintenant. J’avais gardé de David Nicholls un très bon souvenir grâce à son roman Un jour, que j’ai littéralement dévoré, happée par les dialogues et les personnages. Avec Pourquoi pas, c’est autre chose. J’ai trouvé le personnage de Brian Jackson franchement chiant (y’a pas d’autres mots), sa maladresse et ses tentatives de reparties agaçantes à souhait ; pour résumer le degré zéro de l’empathie en ce qui me concerne alors qu’il aurait fallu éprouver l’inverse pour ce serial looser (mon côté bon samaritain). Et puis David Nicholls en fait des tonnes pour le coup : ne peut-il pas laisser Brian une seconde en paix ?! La succession de casseroles est un peu too much ce qui m’a assez rapidement lassée et donné envie qu’on abrège son supplice. Quant aux personnages, je les ai trouvés moins travaillés voire caricaturaux au service d’une histoire poussive et manquant d’allant. Vous l’aurez compris, pas franchement emballée mais c’est une question de point de vue.

Pourquoi pas de David Nicholls, collection 10/18

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