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La chute des princes ou la parfaite incarnation de grandeur et décadence à la sauce Golden Boy New-Yorkais. Nous sommes au début des années 80, New York est une femme sans morale offerte aux hommes peu scrupuleux dont les seules valeurs reposent sur l’argent et le pouvoir qu’il procure. Robert Goolrick frappe encore fort avec ce récit d’un Golden boy repenti qui a tout connu puis tout perdu et qui dans un éclair de lucidité à l’aube de sa retraite, livre son histoire. D’un ton mordant et acerbe, sans complaisance, Robert Goolrick nous donne à voir ce que fut la vie de ces jeunes hommes, traders, courtiers, frais émoulus des plus grands collèges de la Ivy League, ambitieux jusqu’à l’extrême, avides de pouvoir, d’argent facile, jouant avec les dollars comme certains joueraient au Craps, ces jeunes hommes que plus rien ne surprend, n’émeut ni n’enthousiasme, tout leur étant acquis : femmes, hommes, drogues, amour…Robert Goolrick sait de quoi il parle, lui qui les a côtoyés un temps, alors fringant publicitaire au succès consacré.

La chute des princes m’a transportée dans un monde de paillettes, de costumes Armani à 2000 dollars, de voitures de luxe, de vacances à Miami, entre deux rails de cock et partouze géante, entrecoupés de fêtes exubérantes où tout un chacun faisait étalage de ses richesses et de ses largesses. Mais résumer ce roman à une énième description de la vie de golden boy (une sorte de Loup de Wall Street à la sauce romanesque) serait grandement sous-estimer le talent de Robert Goolrick qui nous sert des portraits d’hommes et de femmes faibles et fragiles, tourmentés dans leur excès et cachant leur fêlures derrière l’alpaga et l’organza d’un costume italien. Mêlant l’excès d’une jeunesse brûlée par les deux bouts et calme d’une vie désormais banale, récit haut en couleur et morne quotidien, La Chute des princes témoigne d’une époque, celle du Dieu dollar, de l’innocence d’une vie sacrifiée sur l’autel de la recherche du danger et de l’adrénaline, d’une vie entièrement tournée vers la jouissance et les plaisirs avant l’irrémédiable descente aux enfers : overdoses, solitude, SIDA, fin brutale d’une carrière sur un simple claquement de doigts. Robert Goolrick a mis du temps avant de se consacrer à l’écriture mais mon dieu quel talent !

La chute des princes de Robert Goolrick, éditions Anne Carrière

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