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Face aux critiques élogieuses et soyons honnêtes, attirée par l’affriolante couverture des éditions Zulma, j’ai donc succombé au charme de ce 1e roman récompensé par le prix FNAC.

Je ne regrette point du tout de m’être laissée tenter car j’ai avalé goulûment les 600 pages de ce roman aux forts accents de thriller psychologique. Bravo Benjamin Wood pour cette première tentative fort réussie !

Oscar est un jeune aide-soignant séduisant, intelligent et incompris (je vous l'accorde, cela frise le cliché) qui végète dans une maison de retraite de luxe dans la classieuse et prestigieuse ville de Cambridge. Solitaire et mystérieux (s'il était affable et sans problème ce serait triste à mourir), il est happé par le son majestueux d’un orgue et c'est tel un automate qu'il pénètre dans l’église où se tient le concert. Il tombe et sous le charme de cette musique envoûtante et sous celui d’une belle jeune fille, Iris Bellwether dont le frère n’est autre que le musicien si talentueux. Oscar fait ainsi connaissance avec ce duo fraternel très particulier, dominé par la figure d’Eden, à la personnalité charismatique et disons-le excessive et narcissique. Persuadé de pouvoir soigner grâce à la musique (le fameux complexe de Dieu), Eden s’amuse à manipuler tout son entourage via l’hypnose. Convaincu d’être incompris et au-delà du commun des mortels qui ne peut se mettre à son niveau, Eden s’enfonce dans un délire qui entraîne tout le monde dans son sillage, sa sœur en premier. Captivé par cette personnalité hors norme, Oscar va rapidement comprendre la dangerosité de cette spirale.

Les thèmes du narcissisme poussé à l‘extrême, de la folie et de la manipulation trouvent dans ce roman un terreau fertile grâce à Benjamin Wood. La fluidité de l’écriture et du style du Britannique emporte le lecteur dans une histoire à 100 à l’heure qui ne laisse aucun répit et nous abandonne KO. Captivant, ce récit est porté par la personnalité complexe d’Eden Bellwether, affligeant de suffisance et qui a déchaîné en moi une vague d’antipathie extrême. A l’inverse la personnalité fade d’Oscar fait contrepoids. La mesure et la démesure s’affrontent dans ce roman, avec au cœur de cette lutte la belle et fragile Iris.

Mon petit bémol ira sans doute pour les quelques maladresses du roman : situations parfois attendues, phrases stéréotypées et par moment personnages à la limite du cliché (notamment Oscar, beau, incompris et si doux, quel rasoir). J’ai parfois eu l’impression que Benjamin Wood n’avait pas su être à la hauteur du thème qu’il s’était choisi, comme dépassé par son intrigue. Mais cela ne gâche en rien le plaisir que j’ai éprouvé à le lire et c’est donc convaincue que je vous recommande Le complexe d’Eden Bellwether !

Le Complexe d'Eden Bellwether, Benjamin Wood, éditions Zulma

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