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Quand ma libraire m’a urgemment conseillé (voir carrément mis dans les mains) La femme de nos vies de Didier Van Cauwelaert, mon sang n’a fait qu’un tour : ah non pas lui ! Petit un : je n’adhère pas à son style et petit deux, je n’accroche pas spécialement à la personnalité très particulière de ce monsieur, bref imaginez mon désespoir. Il aura fallu 15 bonnes minutes de pourparlers pour que j’accepte d’acheter ce livre de poche d’une centaine de pages. Pourquoi me suis-donc laissée tenter ? C’est simple, le sujet : un homme devenu un scientifique célèbre, retourne en Allemagne pour revoir une dernière fois - avant qu’elle ne meure - une criminelle nazie qui lui a sauvé la vie alors qu’il était interné dans une institution pour jeunes malades mentaux. Ahaha. Me voilà ferrée.

Débute alors un incroyable récit de survie, d‘amour et d’amitié. Notre narrateur a été sauvé d’une mort certaine (n’oublions pas que les premières victimes de l’épuration nazie via les chambres à gaz ont été les handicapés mentaux) par un sacrifice ultime, celui d’un génie juif - David - que l’armée allemande veut utiliser pour développer la bombe atomique. Refusant de les aider et conscient du sort qui attend ses camarades, David propose à notre narrateur d’échanger leurs identités : il prendra sa place et survivra pour raconter et témoigner de l’indicible. Le subterfuge marche mais ne berne pas l’officier de l’armée allemande, Ilsa Shaffer, la mystérieuse scientifique chargée d’exploiter le génie de David. Entre cette femme sublime, dure et notre narrateur, adolescent timide qui doit apprendre à feindre, débute une relation ambiguë basée sur la manipulation et une forte dose de sensualité.

Récit simple, (et vrai c’est hallucinant), efficace, La femme de nos vies se lit d’une traite, en apnée. J’ai tout bonnement été captivée par cette histoire rocambolesque qui met en scène une relation d’amour lumineuse et improbable. Les centaines de pages ont défilé à la vitesse de l’éclair, m’aspirant au cœur d’un tourbillon romanesque où la mémoire, la nostalgie, les faux-semblants, tout est brassé dans une sarabande littéraire. Je recommande ce beau récit et finirai sur cette maxime : il faut toujours écouter sa libraire !

La femme de nos vies de Didier Van Cauwelaert, Livre de poche

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