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La liste déjà longue des romans de RJ Ellory que j'ai lus s'enrichit encore un peu en cette année 2015. Sans être son meilleur (Les Anonymes figure en tête), Mauvaise étoile mérite quand même une critique positive (même si tout est loin d'être parfait) alors allons-y. Mauvaise étoile ne pouvait pas mieux porter ce titre car il est clair que nos deux héros, deux demi-frères que tout oppose - Clay et Digger - pourtant liés par un amour fraternel sincère, sont nés pour vivre un destin plus que poisseux et dramatique. Rien ne leur a été épargné : une mère paumée butée par son deuxième compagnon, des séjours en institutions loin d'incarner le bonheur et l'amour sur terre, nos deux compères finissent même dans une prison pour jeunes délinquants. Nous sommes au fin fond d'un bled paumé des USA des années 60 et la réeducation par l'entraide et la formation n'est pas à l'ordre du jour. Bref tout irait pour le mieux s'ils ne s'étaient pas trouvés sur le chemin d'un condamné à mort qui les prend en otage et entame à leurs cotés un marathon sanglant : violant, volant, tuant pour le plaisir sur son passage. Alors que Clay, le plus jeune des frères, assiste effrayé et impuissant à ce déchaînement de violence et de bestialité, l'incarnation parfaite du mal à l'état pur, Digger lui, commence petit à petit à éprouver une certaine fascination et à s'identifier à cette figure pseudo paternelle incarnée par Earl Sheridan, psychopathe vicieux. Jusqu'où ira ce road movie sanguinolant ? RJ Ellory a toujours été doué pour décrire ces atmosphères poisseuses et lourdes d'une Amérique profonde et paumée : il réitère avec Mauvaise étoile. Nous suivons impuissants à la lente et pernicieuse descente aux enfers de ces orbites entrées en collision par le jeu du fatum, ce destin implacable, suspendus à une fin que l'on sait tragique. Ellory ne nous épargne aucun détail sanglant autant vous prévenir : Mauvaise étoile est à l'image de ses personnages, violent, sans concession, implacable et cru, noir c'est noir il n'y a plus d'espoir. Mais au milieu de cette avalanche de cruauté, point une lumière incarnée par Clay, le jeune frère, sorte d'ange redempteur. C'est cette lueur qui nous pousse à poursuivre le roman.
En dépit de quelques longueurs (le récit aurait gagné à être plus court) et d'une lecture qui se digère (difficile de lire le roman d'une traite), Mauvaise étoile est encore une fois l'incarnation du talent de RJ Ellory que l'on peut contester certes (certains lui reprochent de trop imiter le style de Truman Capote) mais cela ne gâche en rien le plaisir de lire cet auteur qui sait à chaque fois éprouver mes limites.

Mauvaise étoile de RJ Ellory, Livre de poche

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