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Les soldats de Salamine me laissent perplexe. Diantre comment faire ? Les thèmes traités : la guerre d’Espagne par le prisme des réflexions de l’auteur sur le processus de création littéraire, cette sorte de mise en abîme, tout cela m’a plu. Alors pourquoi conserve-je l’impression d’être passée à côté en étant à peu près certaine que j’oublierais rapidement ce roman qui a pourtant fait l’effet d’une bombe en Espagne et est devenu un best-seller ? Zut et triple zut ! Le pire c’est que j’ai aimé ce roman mais qu’est-ce qui cloche ? Mystère insondable.

Bref revenons à nos moutons : le narrateur est un écrivain raté doublé d’un journaliste blasé qui ne croit plus vraiment au père noël, à savoir être reconnu. Le hasard lui fait rencontrer le fils de Rafael Sanchez Mazas, poète, condottiere romantique et initiateur du parti de la Phalange dans les années 20/30 (en clair ni plus ni moins que le parti fasciste version espagnole et accessoirement soutien de Franco). En 1939, cet homme fort « sympathique » a échappé de peu à la mort en esquivant un peloton d’exécution mené par les Républicains en déroute. L’anecdote aurait pu en rester là s’il n’avait été débusqué lors de sa fuite par un soldat ennemi qui ne l’a ni achevé ni dénoncé… comportement bizarre s’il en est. Notre narrateur trouve là matière à son roman et entame une enquête pour connaître le fin mot de l’histoire : que s’est-il donc passé ce jour fatidique ? Quels en sont les protagonistes et quelles ont été leurs motivations ? A partir de là, se déroule le fil d’une histoire incroyable qui débute dans les années 20 et s’achève bien plus tard. Les soldats de Salamine (sa 2e partie) est d’ailleurs et en partie le récit fait par notre narrateur de cette histoire (mise en abîme). La première et la dernière parties quant à elles (les plus intéressantes selon moi), témoignent des interrogations de l’auteur quant au bienfondé de sa mission (parler d’un fasciste n’est-ce pas lui rendre hommage) et des difficultés du processus créatif. Pas simple alors que l’Espagne se remet de son passé tumultueux (nous sommes en 1991), de ressasser les vieux démons.

Les soldats de Salamine s’apparentent au long et fastidieux accouchement d’un roman équivoque ou comment l’artiste se place par rapport à l’Histoire et au passé. L’histoire de Sanchez Mazas m’a peu enthousiasmée mais en revanche la place de l’écrivain dans notre société m’a bien plus marquée. Je garderai de ce roman une impression ambiguë plutôt positive. Pour ceux qui trouveraient cette critique confuse et peu investie, sachez qu’elle reflète parfaitement mon état d'esprit. E si j’en parle c’est que je vous encourage quand même à le lire. Un peu maso je sais...

Les soldats de Salamine de Javier Cercas, Livre de poche

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