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Ma foi, jolie découverte que ce roman américain et pour un premier roman, je trouve que Valérie Geary a un style déjà bien affirmé qui n’a pas à rougir face à ses aînés. Non franchement. Cette lecture m’a d’autant plus intéressée que les thèmes évoqués ressemblent à ceux du roman de Joyce Maynard, L’homme de la montagne, que j’avais beaucoup aimé. J’ai donc en partie accepté de chroniquer ce roman pour comparer le traitement effectué d’une thématique commune.
Le point commun est la relation entre deux sœurs, l’une adolescente, l’autre plus jeune, plus ou moins abandonnées à leur sort et qui se trouvent intimement mêlées à des meurtres.
Dans Celles de la rivière, nous suivons chapitre après chapitre le point de vue des deux sœurs : Sam, l’aînée, fille responsable et solide, et celui d’Ollie, sa jeune sœur de 9 ans qui s’est murée dans le silence suite à la mort de leur mère quelques semaines auparavant (et qui accessoirement voit des fantômes, mais on y croit presque tant cela reste discret et bien amené, si si je vous jure). Après le décès de leur mère, Sam et Ollie sont recueillies par leur père, surnommé Ours, sorte d’homme-ermite peu affable vivant dans un tipi mais bien décidé à assumer son rôle de référent parental, un homme bon et doux, vivotant de l’apiculture mais perçu par la communauté du village comme suspect car hors des sentiers battus.
L’histoire démarre avec la découverte par les deux sœurs du corps d’une femme charrié par la rivière qui coule près de leur tipi. Quelques heures plus tard, Sam découvre le blouson ensanglanté de la femme dans les affaires de son père et autant vous dire que cela n’arrange pas les affaires de notre petite famille recomposée et meurtrie. Pour protéger son père à tout prix, Sam cache sa découverte, chose à ne pas faire bien évidemment et qui aura des conséquences désastreuses vous vous en doutez. Et derrière toutes ces complications, réside le fond du problème : est-ce bien Ours le coupable et si oui, pourquoi ? Bien résolues à démêler le vrai du faux, Sam et Ollie décident de mener leur enquête, se mettant au cœur de périls qui les dépassent.
Comme pour L’homme de la montagne, l’intrigue policière n’est pas le centre du roman. Y sont abordés la relation entre sœurs et comment se reconstruire après le deuil. C’est une histoire joliment traitée qui fait la part belle à l’amour entre sœur, mélange de tendresse mais aussi de conflits (Sam ne comprend pas le silence de sa benjamine). Sam, Ollie et leur père sont des êtres cabossés que la vie n’a pas épargnés et qui à travers la plume de Valérie Geary, prennent une dimension poétique. Bravo à Valérie Geary pour ces beaux portraits tout en retenue et pour les descriptions des paysages sauvages qui ajoutent au plaisir de lecture. On lui pardonnera donc tout aussi aisément les faiblesses de l’intrigue policière dont on devine facilement les ficelles.
Et pour en revenir à la comparaison avec Joyce Maynard que j’aime beaucoup, et bien je dirai que Valérie Geary en est la digne héritière. Un style fluide, une écriture lumineuse et une justesse de tons caractérisent ces deux auteurs et même si Celles de la rivière n’atteint pas tout à fait le niveau de l’homme de la Montagne, il reste un bon roman.
Je remercie donc les éditions Mosaïc et Babelio pour cette opération Masse critique.

Celles de la rivière de Valérie Geary, Editions Mosaïc

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