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Il était une fois, une jeune femme, aveuglée par le strass et les paillettes entourant la sortie d’un roman au succès garanti, dégaina sa carte bleue et acheta ledit roman. Attirée par la renommée de l’auteur et par la première impression positive qu’elle s’était faite sur un autre de ses romans paru quelques années auparavant (qui plus est primé par le grand prix du roman de l’Académie française), la jeune lectrice trépignait d’impatience à l’idée d’entamer cette suite. Mais comme tout drame, la fin fut cruelle : la supercherie littéraire rameuta le bout de son nez et la lectrice fut vaincue, déçue, énervée, en rogne, ultra blasée ! Ah misère, pourquoi ai-je cédé aux douces sirènes d’une mystification littéraire ? !

Par tous les saints, par Victor Hugo, Balzac et même JK Rowling, n'achetez pas Le Livre des Baltimore. Je dirais même pire, ne le lisez pas ça vous évitera de bien grands maux. Mais, et là je m’incline devant le faux talent de Joël Dicker, bravo à vous cher cousin Helvète, pour avoir su me faire finir les pages de votre mauvais roman. Car, en dépit d’une intrigue frisant le vide intersidéral et le style détestable, vous vous y connaissez en matière de page turner. Petit filou.

Est-ce que je dois consacrer quelques lignes à l’intrigue ? Allez je suis sympa.

Marcus Goldman, le héros de La vérité sur l’affaire Harry Quebert, devenu écrivain à succès, décide d’écrire le roman de sa famille, ou plutôt de la branche aînée des Goldman, celle de son oncle Saul, brillant avocat de Baltimore (d’où le titre). Tout leur sourit : succès, argent, humilité, amour, fraternité, bref la famille idéale. Marcus éprouve une fascination sans complexe pour cette famille à laquelle il aimerait tant appartenir, lui le pauvre gamin du New Jersey. Il forme avec son cousin et l’enfant quasi adoptif du couple, le gang des Goldmann, soudé à la vie à la mort. Mais comme toute histoire heureuse, la surface s’écaille, faisant ressurgir rancœurs et secrets de famille… Bon ça suffira pour le résumé.

Voilà donc réunis tous les ingrédients nécessaires pour obtenir une bonne mixture littéraire à succès. Oui mais plus cliché et banal on fait pas. Que ce soit dans le style ou dans l’histoire, tout n’est que platitudes et reproduction à l’identique d’un mauvais cours d’écriture de romans. Pas d’âme, pas d’émotions. Tout y est attendu, sans aucune nuance, artificiel. Je crois que c’est une des premières fois que cela m‘arrive. J’espère bien ne plus avoir à revivre cette expérience.

Le livre des Baltimore de Joël Dicker, Editions de Fallois

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