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Rien de mieux qu’une fiction romanesque pour me remettre d’aplomb (et croyez-moi, vu ce que j’ai amassé question calories pour ces fêtes, c’était pas une mince affaire). Bref vous n’êtes pas sur mon blog pour connaître le récit détaillé des bons petits plats du Réveillon/jour de Noël mais bien pour que je vous parle de ce roman anglais hautement romanesque qui bénéficie d’une trame historique peu traitée jusqu’alors : l’Allemagne occupée (et détruite n'ayons pas peur des mots) au lendemain de la capitulation.

Reconnaissons-le : en France, les récits historiques sur cette période trouble de 39/45 font la part belle aux résistants ou pointent du doigt le régime de Vichy, la collaboration, la déportation. Les Anglais quant à eux consacrent de nombreuses pages à la résistance farouche opposée aux Allemands, aux nombreux bombardements subis en 1940 et au sacrifice de sa population. Le régime nazi est lui-aussi abordé avec suffisamment de recul. Mais quid de l’Allemagne qui fut ravagée et pillée dès 1943 et jusqu’en 1945 ? Quid de l’Allemagne détruite pour certaines villes à 90% (Hambourg figurant en tête). Quid de la quasi famine ou de la façon dont fut traitée la population allemande sous zone soviétique (avec un record de femmes violées qui frise l’indécence) ? Comment régler également le problème de la dénazification de l’Allemagne sans sombrer dans l’épuration ? Faut-il l’humilier ou l’aider à se redresser ? Rhidian Brook aborde cette question avec talent en évitant les partis pris évidents et faciles et bien sûr point de place pour un pathos dégoulinant.

L’idée de ce roman lui est venue de son grand-père, militaire anglais qui fut envoyé en Allemagne aux lendemains de la guerre pour aider à gérer l’Allemagne sous contrôle britannique. Rhidian Brook a ainsi intégré les récits de son aïeul dans une trame un peu plus romanesque. Résultat parfaitement réussi.

L’histoire en quelques mots : le colonel Lewis Morgan, nouveau gouverneur de la zone Hambourg (enfin ce qu’il en reste), se voit (comme tout haut gradé), attribuer une somptueuse demeure confisquée à une riche famille allemande. Cet homme loyal et juste, partisan du redressement de l’Allemagne, au-delà d’une attitude de vainqueur vindicatif et retors, décide dans un geste de réconciliation, de cohabiter avec les vrais propriétaires, à savoir un architecte veuf et sa fille de 15 ans, encore fortement imprégnée par son éducation au sein des jeunesses hitlériennes. Amené à vivre quelques années à Hambourg (le chantier est titanesque), il fait venir son épouse Rachael et leur fils Edmond qu’il n’a pas vus depuis plus d’un an. Autant vous dire qu’un monde les sépare et que l’idée d’habiter avec l’ennemi n’enchante guère Madame. Entre son époux absent et cette famille allemande raffinée, Rachael a de quoi se faire du souci.

Dans la maison de l’autre m’a captivée. Si je devais résumer ce livre je dirais que nous avons affaire à une « écriture limpide au service d’un roman instructif qui se lit à la fois comme une belle histoire d’amour et d’amitié tout en éclairant intelligemment sur cette Allemagne d’après-guerre et comment gérer l’après victoire. » Pas mal non ? ;)

Dans la maison de l’autre de Rhidian Brook, collection 10/18

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