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Voici typiquement le genre de roman dont l’idée de départ, ambitieuse et innovante, a été mal exploitée. Mon jugement apparaît cinglant mais je ne vois pas comment l’aborder autrement. Moi l’allergique à la littérature SF ou d’anticipation ou « postApo » (ça en jette comme terme pas vrai ? ;)), j’ai décidé depuis quelques mois de me jeter dans le grand bain et de ne pas me fermer à de belles découvertes. Du coup, j’ai par exemple entamé Tolkien et je ne le regrette pas.

J’ai donc cherché des romans du genre anticipation qui me permettraient de me familiariser en douceur avec cet univers et je suis tombée sur ce roman suédois plutôt court à l’idée intéressante : imaginez un pays (la Suède en l’occurrence) où passés 50 ans (pour les femmes et 60 ans pour les hommes), les célibataires sans enfants seraient sacrifiés sur l’autel de la science. Parqués dans des résidences High Tech où ils pourraient couler une fin de vie « paisible », ces donateurs forcés seraient petit à petit dépouillés de leurs organes dans le but de sauver les gens utiles : les pères et mères de famille ou ceux dont le métier est jugé indispensable (médecin etc). Sacrifiés sans scrupule pour aider la communauté, ces personnes sont donc « superflues » car leur comportement jugé égoïste (n’ayant pas voulu avoir d’enfants) choque l’opinion publique. Dorrit, notre héroïne, fait partie de cette classe superflue. A peine ses 50 ans célébrés, elle intègre l’Unité. Abandonnant son fidèle chien, elle quitte sa demeure campagnarde et devient membre de cette communauté très particulière où tout le monde se serre les coudes. Ce qui lui semblait terrifiant au début finit petit à petit par lui plaire : un appartement tout confort, des boutiques et complexes sportifs à ne savoir qu’en faire, tout accessible gratuitement, le pied. Elle se fait des amis pour la vie (je sais c’est cynique) et rencontre l’amour. Mais il se passe forcément quelques chose, je n’en dis pas plus.

Alors pourquoi n’ai-je pas aimé. C’est assez simple, je me suis ennuyée. Personnellement, le détail des repas pris par Dorrit (des pages entières en sont truffées) je m’en moque comme de ma première paire de chaussettes et mon dieu comme tout est long à se mettre en place (seules les 30 dernières pages m’ont enfin réveillée). Ninni Holmqvist a semble-t-il voulu ménager le suspense et amener le lecteur à se sentir autant bercé d’illusions que l’est Dorrit. Mais un moment il faut savoir passer la deuxième. Or la quasi-totalité du roman stagne en première. L’implacable machine à tuer est à peine évoquée. J’aurais aimé connaître les circonstances exactes ayant amené à la création d’un tel système, comment ce pays a basculé vers une telle vision : des gens utiles et des gens superflus, thématiques qui pourraient donner lieu à des développements d’une richesse incroyable. Au lieu de cela, nous suivons le quotidien de Dorrit, entre séance de natation, bons restaurants entre potes et séances coïtales. Cela va quelques pages.

J’ai lu les avis des autres blogueurs et beaucoup ont admiré la manière dont la figure de Dorrit est traitée : portrait de femme tout en nuances, rattrapée par le temps. Cet aspect-là m’a peu touchée j’ose l’avouer. Plus d’actions, plus de drames, de pleurs, que sais-je mais un électrochoc pardi ! Qui n’aura pas eu lieu. C’est ainsi

L’unité de Ninni Holmqvist, collections Livre de Poche

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