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Ça vous est forcément arrivé un jour ou l’autre non ? Mais si, ce sentiment de faire partie des exclus d’un phénomène littéraire de grande envergure. Vous savez le sentiment d’ajouter une voix discordante aux louanges faites à propos d’un ouvrage. Ce sentiment d’être le vilain lecteur qui n’a pas compris le roman, est passé tellement à coté que ça en est choquant. Ce sentiment désagréable d’être le paria de l’histoire qui aurait tellement aimé faire partie du groupe, animal grégaire s’il en est. Je suis au regret de vous dire que j’en fais partie et j’en suis bien désolée.

Pourtant, La fille du train est LE thriller de l’année 2015. Impossible de passer à côté (ou alors faudrait vivre sur Mars ou Saturne). Il est partout, se lit partout, pas un jour dans mon RER d’amour sans voir un lecteur compulsivement scotché à ce roman, dévorant les pages comme moi les chocolats le jour de Pâques. Bon, mais comme je suis du genre cynique/sceptique/je vais pas courir l’acheter je suis pas comme tout le monde, j’ai attendu et attendu, patiemment. Et puis un jour ma sœur me tend l’ouvrage, apparition digne du Saint Graal. Dieu tout puissant, enfin le voilà, là entre mes mains. Je pourrais enfin me faire une opinion sur ce best seller. Mais déjà ma sœur me dit : « C’est pas mal, moui. » Oy c’est pas bon ça. Non, non. Je sens ma sœur qui essaye de fuir mon regard, de ne pas me communiquer le fameux doute raisonnable qui peut orienter une lecture. Et là, face à mon désarroi et en bonne grande sœur qui se respecte, elle tente de me rassurer : « Non mais si c’est vraiment pas mal. C’est que j’ai lu tellement de thrillers tu sais… ». La sentence est prononcée. C’est donc fébrile que votre serviteur a entamé La fille du train.

Au bout de 100 pages je suis foutue. Vous savez pourquoi ? Parce que j’ai deviné l’intrigue, j’ai tout pigé, c’était évident, sous mes yeux. J’ai compris et j’ai su que je ne me trompais pas. Et je ne me suis pas trompée. Du coup, comment entrer dans un suspense qui n’en est plus un ? Il n’y a plu qu’à prendre son mal en patience, souffrir aux côtés de notre héroïne alcoolique Rachel, bien déterminée à résoudre cette histoires de meurtre mais que personne ne croit ni ne prend au sérieux, qui doute, prend cher. Niveau empathie par contre, Paula Hawkins a réussi son pari : j’avais envie de prendre Rachel dans mes bras et de lui murmurer : « tout doux Rachel, moi je te crois. »

Peut-être que je lis trop de thrillers et que les bonnes vieilles ficelles, je les connais. En fin limier, je suis devenue une superpro des intrigues en tout genre, on me l’a fait plus (oui je m’enflamme un brin je le concède). Je suis certaine que La fille du train est un honnête roman et je comprends qu’on puisse être addict. Mais pas de bol pour moi ça n’a pas fonctionné. Inutile de m’étendre sur le sujet. Je n’ai pas aimé. Fin de cette chronique.

La fille du train de Paula Hawkins, Sonatine éditions

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