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Profitant de mon break écossais, j’ai donc lu dans la langue de Shakespeare le roman qui nous intéresse aujourd’hui. Pretty girls - qui conserve le titre original en français et c’est tant mieux – est un thriller d’une noirceur telle qu’il m’a rarement été donné d’en voir. Et la barrière de la langue n’a en rien diminué l’effroi qui m’a saisie. Brrrrrr. Glaçant, âmes sensibles s’abstenir !

Pretty girls ou littéralement Jolies filles, est un savoureux mélange de cruauté, de manipulation et de machiavélisme à la sauce 120 journées de Sodome, le tout réuni donnant la nausée assez rapidement. De jolies filles, il en est question tout le long du roman : elles font rêver, attirent, attisent les passions, les exacerbent jusqu’à en devenir fou et commettre le pire. Claire et Lydia le savent à leur dépens : leur sœur Julia a disparu voilà plus de 20 ans. Sans nouvelles, on a pourtant tout imaginé : fugue, enlèvement, meurtre. Mais comment faire le deuil quand on n’a pas le corps ? Cette disparition inexpliquée, celle de leur si jolie sœur, pleine de vie et passionnée, a détruit leur famille : le père a consacré sa vie à la rechercher, quête ayant viré à l’obsession. Quant à Lydia, elle a sombré dans la drogue avant de se ranger et Claire, la benjamine, a épousé un brillant architecte richissime à souhait qui la maintient dans un rassurant et parfait cocon de bourgeoise entretenue. Et pour couronner le tout, Claire et Lydia sont brouillées depuis plus d’une décennie car figurez-vous, Lydia a accusé Paul (le fameux beau-frère), d’avoir tenté de la violer ! Mais comme elle était à moitié junkie à l’époque, Claire a préféré croire son cher et tendre…

C’est dans ce maelstrom familial un tantinet « tendu » que débute notre histoire. Ambiance… Et quand Paul est assassiné par un voleur à la petite semaine devant les yeux de Claire, alors là on touche le fond du fond du trou ! Désemparée, Claire végète dans leur maison telle un zombie de série B. Malencontreusement pour notre héroïne, elle fera une découverte sur Mister Perfection qui va bouleverser sa vie et celle de sa famille, apportant un éclairage différent sur la disparition de sa sœur. Et si tout n’était qu’apparences ? Et bah oui !

Oh la vilaine Karin Slaughter ! Derrière votre minois de blonde hitchcockienne, se cache un vrai maître du thriller hémoglobiné. Si je fais l’impasse sur l’intrigue qui à mon sens dévoile trop vite les tenants et aboutissants, je dois dire que le tout est maîtrisé avec un sens du rythme crescendo qui tient en haleine et fait tourner de l’œil parfois...Un bon roman du genre qui évoque intelligemment le poids de l’image et la fascination des gens pour le morbide dans un monde ultra connecté où tout est permis et accessible à toute heure. Édifiant !

Pretty girls de Karin Slaughter, Editions Mosaïc

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