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Valentin Musso, c’est le p’tit frère de Guillaume mais en moins connu (et c'est franchement dommage parce qu'il est plus talentueux, si si j'assume !) . Donc vous disais-je, Valentin est passé maître dans l’art du thriller et ce qu’il y a de remarquable chez lui, réside dans sa capacité à changer totalement d’époque à chaque roman : des lebensborn allemands, ces fameuses pouponnières à nazis, en passant par le Nice du début du XX siècle et maintenant un huis-clos montagnard au XXI siècle. A chaque lecture, nouvelle époque, nouvelle ambiance et autant vous dire que j’apprécie.

Sans faille met donc en scène un groupe d’amis (si on peut dire…) : 5 au total, qui décidèrent - en parfaits petits citadins qu’ils étaient - de profiter de l’air pur des grands espaces pyrénéens au cours d’une randonnée de 2 jours. Mené par Romuald, celui à qui tout semble avoir réussi (beau gosse, belle bagnole, beau chalet), notre groupe embarque confiant dans l’ascension d’un glacier « pas si accessible mais pas insurmontable non plus ». Ce qu’il vous faut savoir est qu’entre Romuald et Théo, l’autre « beau gosse à qui tout a réussi », les relations s’apparentent à la diplomatie américano-russe en contexte de guerre froide. Combat de coqs dirons certains ; mais est-ce vraiment si simple que ça ? Théo ne comprend pas cette soudaine invitation, preuve d’amitié tardive, mais se laisse convaincre par le reste du groupe séduit par l’amabilité et le charisme de Romuald. Vous le pressentez déjà, notre escapade va un brin sortir des sentiers battus…

Lu d’une traite, Sans faille s’est pourtant avéré un huis-clos un peu trop attendu qui ne m’a pas scotchée les fesses sur ma chaise à la fin. Bien qu’on comprenne d’entrée de jeu que la situation va dégénérer, le traitement de ce nœud de tensions et de non-dits aurait pu donner lieu à un développement hyper neveux et tordu, ici aux abonnés absents. Quel dommage ! Le tout manque de punch. Le point positif est l’alternance des points de vue et des époques, qui rythment intelligemment le récit. Attention toutefois : j’ai quand même fini ce thriller et ce n’est pas non plus un échec cuisant. On se laisse prendre au jeu (à défaut d’être pris au piège) et c’est un bon point. Je sais que Valentin Musso peut mieux faire et je lui pardonne cet opus. Même les meilleurs ont leurs coups de mou.

Sans faille de Valentin Musso, Points Seuil

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