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Ni d’Eve ni d’Adam d’Amélie Nothomb, Livre de poche

Mon dieu qu’il est loin le temps où je me jetais à corps perdu dans l’œuvre de la femme la plus déjantée de Belgique (après Annie Cordy cela va sans dire). On le sait, Amélie Nothomb est généreuse en tout : en romans, en interview, en consommation de champagne… Je ne m’étendrai pas sur son rythme de production littéraire digne du plus zélé des stakhanovistes, ce billet n’est pas l’endroit où en débattre. Je vais donc vous parler d’un de ses derniers romans, un des plus autobiographiques après Stupeurs et tremblements, il s’agit donc de Ni d’Eve ni d’Adam.

Comme souvent c’est un film qui m’a gentiment poussée vers l’achat du livre, adapté au cinéma sous le titre de La fiancée de Tokyo. J’ai adoré. Et comme vous l'avez deviné, ma curiosité attisée, j’ai accouru chez un libraire et je l'ai dévoré (le livre pas le libraire ;)) en une après-midi.

Stupeurs et tremblements nous racontait l’univers impitoyable du monde de l’entreprise nippone où dévotion ultime au patron et hiérarchie mènent à des extrêmes ô combien pénibles. La jeune Amélie Nothomb en a fait les frais et le raconte d’ailleurs avec humour et pertinence. Mais avant d’intégrer Yamamoto, la fameuse firme (et même pendant), la jeune Amélie s’est entichée d’un jeune japonais, Rinri, qui lui a fait découvrir le monde nippon, ses exubérances (l’épisode de l’appareil à fondu et de son fromage en plastique vaut le détour), ses us et coutumes, ses travers (la femme est une « chose » qui se doit à un maintien en toute circonstance). Sans jamais en tomber amoureuse, Amélie apprécie de découvrir à ses côtés le pays de son enfance (elle y est née et y a vécu jusqu’à ses 5 ans), elle qui rêve de devenir et d’incarner la parfaite nippone. Entre cours de français très pittoresques donnés à Rinri qui se passionne pour la culture française (pas de bol Amélie est belge) et voyages à travers le pays des samouraïs, Amélie exulte et tente de trouver sa place. Ce qui n’est jamais simple, notre héroïne en fait les frais. Mais est-ce au final ce dont elle a toujours rêvé ? Y a t-il un décalage entre le japon rêvé et magnifié de son enfance et la dure réalité d’un pays certes pittoresque, mais impitoyable. Amélie doit-elle faire le choix d’une parfaite vie rangée auprès de Rinri au risque de perdre sa liberté et son indépendance qui lui sont si chères ? Autant de questions abordées dans ce roman attachant, drôle (certains épisodes sont véritablement tordants) et touchant. Je retrouve la Amélie Nothomb que j’ai tant aimée au début avec Hygiènes de l’assassin ou Stupeurs et tremblements. Certes, mon attrait pour le pays du soleil levant et la façon si particulière qu’a Amélie Nothomb d’en parler, ont conditionné mon goût pour ce roman. Et c’est très bien !

Alors rendons justice à madame Nothomb : du talent, elle en a. Et je le retrouve tout entier dans ce roman.

Ni d’Eve ni d’Adam d’Amélie Nothomb, Livre de poche

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