Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Comment décrire Reflex ? Bonne question. Afin de vous rendre la chose plus concrète, disons que lire Reflex c’est comme manger une purée de légumes un peu fadasse, après une macédoine tristounette de chez Flunch mais qui - on ne sait comment – débouche sur un sublimissime dessert de chez Michalak. Rien que ça ? Bah oui ! Plus de 300 pages un peu mornes (n’ayant que moyennement accroché et à l’histoire et aux personnages) pour une fin époustouflante. Un peu sonnée je dois l’avouer car je n’ai rien vu venir. C’est que ce roman mérite d’être lu j’imagine, rien que pour cette fin qui justifie à elle seule de s’y atteler.

Iris Baudry est photographe à la judiciaire : en gros, madame passe ses journées à mitrailler des scènes de crime, de suicide, d’accidents, comme des touristes japonais mitrailleraient la Tour Eiffel. Chacun son style. Un brin space notre héroïne, mais d’un autre côté, perdre son enfant de 6 ans, victime d'un simplet psychotique, laisse des traces. Affublée d’un bégaiement nerveux auquel s’ajoute une propension quasi morbide à la solitude, Iris n’a rien d’autre dans la vie à quoi se raccrocher, surtout pas sa mère, vieille folle acariâtre qui ne l’a jamais vraiment aimée. A l’occasion du meurtre d’un enfant de l’âge de son fils, Iris retourne dans la ville de son enfance, là où le drame de sa vie s’est déroulé. Ces retrouvailles ne sont pas vraiment dignes de La petite maison dans la prairie : Caroline Ingalls n’attend pas sagement l’enfant prodigue avec une tarte aux prunes encore tiède sur le rebord de la fenêtre. Au contraire, Iris apprend au hasard d’une rencontre, que sa mère adorée fricote avec Alzheimer et est en train de finir ses vieux jours dans un centre spécialisé. Bienvenue en enfer chère Iris.

On saura le fin mot de l’histoire bien entendu : qu’est-il arrivé au fils d’Iris et aux autres enfants ? Qui s’attaque ainsi à d’innocents bambins dont il garde un fétiche de peau (oui c’est un peu gore) ?

Ce qui est dingue est que je suis intimement persuadée du talent de Maud Mayeras, d’autant plus convaincue que j’ai d’ores et déjà acheté son 1e roman : Hématomes. De toute façon, pour scotcher un lecteur comme elle l’a fait (mais quelle fin !), il faut du talent croyez-moi. Des revirements de situation en littérature sont pas légions (en tout cas chez moi) et c’est toute la beauté et la magie du livre non ? Moralité : ne jamais abandonner un roman en cours de route, ô grands dieux, jamais !

Reflex de Maud Mayeras, Pocket

Partager cet article

Repost 0