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Chers lecteurs,

Après une rentrée septembre en fanfare et de belles découvertes littéraires, je suis au regret de vous annoncer que je nage depuis 15 jours en plein désarroi : aucun roman ne trouve grâce à mes yeux. Je sombre actuellement dans un abîme de profond ennui, ce qui complique grandement mon rythme de critiques enthousiastes. Comme il y a le blues du businessman, il y donc le blues du lecteur. J’ai donc décidé de condenser cette expérience pénible en un seul et même article.

Commençons avec L’histoire de l’amour de Nicole Krauss. Titre ô combien évocateur car on y parle… d’amour ! et oui ça vous étonne ?

Nous sommes à New-York dans les année 2000 : Léo Gursky, un vieux Juif ayant fui son Ukraine natale dans les années 30, se remémore son histoire d’amour tragique avec la belle Alma. Pas loin de lui, la jeune Alma, adolescente juive, solitaire et spéciale, tente de percer le mystère d’un roman, L’histoire de l’amour, que sa mère traduit mais surtout celui de l’héroïne principale qui porte le même prénom qu’elle. 50 ans en arrière, un écrivain ukrainien exilé au Chili publie L’histoire de l’amour.

Qu’est-ce qui relie ces 3 destins qui n’ont à priori rien en commun ? Ce mystère est le fil conducteur du roman dans lequel l’amour, la nostalgie, le poids de la solitude, qu’on soit sur la fin de sa vie ou à son début, tiennent une place considérable. Destins croisés de 3 âmes en peine, je dirais même en perdition, qui se raccrochent au passé et au pouvoir de l’amour. Un livre qui m’aura pourtant laissée de marbre. Mon bilan : peu convaincue par les personnages auquel je ne me suis pas attachée, ni par le style de Nicole Krauss qui sous une apparente fluidité m’a plus embrouillée qu’autre chose, j’ai donc tourné avec ennui les pages de ce roman. Flute !

Poursuivons avec Territoires d’Olivier Norek. Vous vous souvenez, début septembre j’avais encensé Code 93, 1e opus des aventures de Victor Coste, incorruptible inspecteur de la SDPJ du 93. Alors que tous s’accordent pour dire que le 2e tome est mieux réussi, ce fut l’inverse pour moi (esprit de contradiction ? sûrement).

3 gros caïds dealers de dopes dégommés en quelque jours et c’est toute une ville qui s’embrase. Qui trucide ces parangons de vertus en se prenant pour le roi du chamboule-tout ? Victor Coste va avoir maille à partir pour mener son enquête, entre règlements de compte, lutte de pouvoir pour le contrôle de la filière drogue de toute une cité-dortoir et comme d’habitude, quelques politiciens pas vraiment francs du collier. Un thriller survolté et violent sur une réalité qui n’a rien à envier au pire des films de gangsters. Un bon roman que j’ai trouvé moins percutant, moins accrocheur, un peu plus poussif que le 1er. Sans doute moins inspirée par le sujet.

Enfin, Le héron de Guernica d’Antoine Choplin. Une centaine de pages derrière ce titre étonnant pour nous raconter le massacre de Guernica immortalisé par Picasso. Bien qu’évoqué dans le roman, le célèbre tableau cède sa place à un jeune peintre timide dont la passion consiste à peindre les hérons vivant dans le marais à proximité de Guernica. Le massacre nous est conté à travers ses yeux, sans jamais tomber dans l’excès d’hémoglobine ni le pathos. C’est un beau roman (c’est une belle histoire làlala), parfaitement écrit, subtil et sobre dans son traitement. Sûrement trop sobre pour moi car je suis une fois encore passée à côté. Rien ne s’est produit : ni montée de larmes, ni cœur serré, ni effarement devant la barbarie humaine. Pour autant je conseille aux curieux de jeter un coup d’œil à ce roman car je suis peut-être à mettre en cause dans cette insensibilité littéraire. Que voulez-vous c'est le blues du lecteur.

Le blues du lecteur
Le blues du lecteur
Le blues du lecteur

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