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Un écrivain à succès revient après 17 ans d’absence dans sa bourgade du Connecticut. Jusque-là, rien de bien transcendant. En revanche, si je vous dis qu’il est persona non grata après avoir bavé sur cette ville et ses habitants dans son roman vendu à des millions d’exemplaires (d’où une adaptation ciné avec Leonardo Dicaprio himself), se mettant à dos une communauté entière, ça a plus de gueule, pas vrai ? Mais quand votre père git dans le coma, le sens filial reprend le dessus : exit l’appart grand luxe et la vie trépidante à Manhattan et place à une ville sinistrée, repliée sur elle-même, où la saison est marquée par les matchs de basket de l’équipe du lycée (plutôt bonne par ailleurs).

C’est donc un Joe désabusé, cynique, au verbe ironique qui débarque du jour au lendemain à Bush Falls sans avoir prévenu. Il y retrouve son grand frère Brad, ancienne gloire locale du basket, aussi sportif que Joe est cérébral et avec lequel il n’a jamais développé une relation fraternelle débordante de niaiseries, un père inconscient qui a toujours valorisé l’exploit sportif au détriment des résultats en cours, une ancienne petite amie, grand amour de sa vie qu’il a déçue, un meilleur ami gay, atteint du SIDA et en phase terminale, sans compter 99% de la population qui lui voue une haine farouche et compte bien le lui faire savoir.

Durant quelques jours cauchemardesques, Joe renouera avec son passé, se rendant compte qu’on ne rompt jamais totalement avec ses racines et avec ceux qui ont fait ce que nous sommes à l’âge adulte. Entre règlements de compte et vieille rancœurs, Joe revit les heures marquantes de son adolescence loin d’être rose et qui l’ont poussé à partir à tout juste 17 ans. Et au fond, cette éternelle question : peut-on rattraper les erreurs du passé ?

C’est donc un roman plein de tendresse et drôle que nous livre le talentueux Jonathan Tropper. Son Joe (un double peut-être ?) est un névrosé attachant, une sorte de looser grandiose, entouré d’une galerie de personnages pittoresques et excessifs tout aussi touchants. Mention spéciale au meilleur ami gay ainsi qu’un grand frère, particulièrement savoureux. Un livre qui fait du bien et j’en redemande !

 

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