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Véritable phénomène d’édition aux États-Unis, salué par l’ensemble de la presse comme le meilleur roman de l’année, le livre d’Anthony Doerr possède la puissance et le souffle des chefs-d’œuvre. 

Ne nous emballons pas, on est quand même loin du chef-d’œuvre… Certes, ce roman, distingué par le prestigieux Prix Pulitzer, est réussi, indéniablement. Tous les éléments d’un bestseller sont présents, y’a pas photo : une période historique – celle de la 2nde guerre mondiale – qui continue de fasciner, des personnages attachants que tout oppose sur le papier mais liés par le fil rouge du destin, une alternance de chapitres courts et de points de vue qui donne un vrai rythme à ce page turner, un style accessible et fluide fort plaisant. Bien joué monsieur Doerr, votre livre est sans conteste un pur produit bestsellerisé. J’ai d’ailleurs plutôt bien accroché à l’histoire même si elle ne restera pas dans mes annales personnelles.

Dans ce roman, vous trouverez Marie-Laure, jeune aveugle parisienne fascinée par les fossiles (par le biais de son père, gardien des clefs du musée d’histoire naturelle) et Werner, jeune orphelin allemand, autodidacte surdoué dès lors qu’il s’agit d’électronique ou de mécanique. Nous les suivons de 1936 à 1944 en un incessant va et vient. Destins parallèles, destins croisés, pris en étau, enfants broyés par l’Histoire, jeunesse sacrifiée sur l’autel de la guerre. Werner intégrera la Wehrmacht en tant que soldat spécialisé en transmissions (chargé de débusquer les poches de résistance communiquant par radio) et verra l’atrocité, la barbarie à l’état pur, lui qui ne rêvait que de science comme lien universel entre les peuples. Marie-Laure, qui ne voit pas mais sent tout, se terre à Saint Malo chez son grand-oncle, sorte d’ermite traumatisé par l’enfer des tranchées de Verdun. Elle tentera à sa manière de marquer l’histoire de son empreinte dans une ville à feu et à sang.

Comme je l’évoquais en préambule, ce roman ne peut être qualifié de chef-d’œuvre ; comme souvent, un bon coup de pouce marketing explique en partie le phénomène Doerr. En revanche, il serait difficile de ne pas ressortir touché par le thème de l’enfance sacrifiée qui est au cœur de ce roman.

Toute la lumière que nous ne pouvons voir est un récit attachant et je comprends que la majorité des lecteurs l’aient apprécié. Selon moi, il manque juste une prise de risque de la part d'Anthony Doerr qui tombe trop facilement dans certaines ficelles littéraires et c'est fort dommage. 

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