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Il est né le divin enfant, Jouez hautbois, résonnez musettes ! Il est né le divin enfant, Chantons tous son avènement ! Oui, il est né le divin enfant. Le problème c’est qu’il est aussi vite reparti, pour le plus grand malheur d’Isabel et Tom Sherbourne qui désespèrent d’offrir tout l’amour dont ils sont capables. La belle et pétillante Isabel ne peut donner la vie bien qu’elle ne rêve que de cela depuis tant d’années. Désemparée, elle devient une vraie souffrance pour son mari Tom, qui l’aime plus que tout et ne sait comment l’aider. Affronter les tranchées de Verdun est une chose, affronter le désespoir de la femme qu’on aime en est une autre.

Puis le miracle survient : un canot, avec à son bord un homme et un nourrisson, accoste le long du phare de Janus Rock (en Australie) dont Tom est le gardien. L’homme est mort mais le bébé lui, est bien vivant. Ô miracle de dieu, serait-ce l’enfant providentiel ? C’est ce que croit ardemment Isabel qui ni une ni deux, s’approprie l’enfant avec un naturel déconcertant, véritable madone faite pour l’amour maternel. Malgré les réserves et les craintes de Tom, l’enfant restera sur l’île avec eux, seuls habitants de ce petit paradis perdu entre deux océans, île sauvage balayée par les vents et les embruns. Qui le saura si personne ne dit rien ? Tom met de côté sa mauvaise conscience et sa morale, enterre le pauvre homme et garde l’enfant, qui devient la petite Lucy. Les années passent et la famille Sharbourne s’épanouit. Isabel est une mère exemplaire qui aime par-dessus tout son incroyable petite fille ; Tom, quant à lui, essaie de surpasser ses angoisses et se laisse conquérir par ce petit ange d’innocence qui a bouleversé sa vie à tout jamais.

Tout irait pour le mieux si la réalité ne venait pas leur balancer son poing dans la figure : la mère de la petite Lucy est bien vivante et désespère de retrouver son enfant, la jeune Grace, disparue en mer avec son époux. Isabel n’en a que faire :  après tout, que vaut l’amour d’une mère certes biologique, face à celui d’une mère de cœur qui a élevé l’enfant depuis sa naissance ? Rien ! Pour Tom, c’est un peu plus compliqué car il ne peut se défaire de la culpabilité de priver un enfant de sa mère, sa vraie mère. Cruel dilemme pour ce couple qui n’aspirait qu’au bonheur. Après l’enfer de la guerre de 14/18, Tom parviendra-t-il à être heureux ?

J’étais passée à côté de ce best-seller, grand prix des lecteurs du Livre de poche. Il m’aura fallu la sortie du film avec Michael Fassbender pour que je m'y attarde et comme j’ai bien fait (du coup je m’en veux d’avoir attendu si longtemps) ! Une vie entre deux océans est un très grand roman, de ceux qui emportent, font chavirer notre cœur de lecteur, nous secouent, nous émeuvent, nous font du bien ! Je suis encore toute chamboulée par cette magnifique histoire d’amour (on est loin de la bluette croyez-moi) et ce choix cornélien qui s’offre à Tom et Isabel. Qu’ils sont attachants ces Sherbourne (c’est presque agaçant). Isabel est une louve coriace dont on comprend la souffrance et la volonté de fer. Quant à Tom, c’est un taciturne au grand cœur dont on se sent irrémédiablement et instinctivement proches. Un être blessé, revenu de la grand guerre, survivant mais si coupable de l’être. Une personne à qui on offre une seconde chance et qui la voit filer comme le sable entre les doigts. Et ces paysages australiens, cette nature violente dans un gant de velours, moi l’adepte du Natural writing, me voilà comblée. Tout y est, pourquoi se priver les amis ? Pour un 1e roman, quel coup d’essai ! J’en remets une couche ou ça va aller ? ;)

 

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