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Mais que se cache-t-il derrière ce titre improbable qui interpelle tout lecteur qui se respecte ? Parce que nous sommes quand même bien ancrés dans le registre familier, vous en conviendrez aisément. Alors monsieur Minier, cette putain d’histoire comme vous le dites si bien, que vaut-elle ?

Si vous faites l’impasse sur quelques grosses ficelles du genre hollywoodien auquel s’est attelé notre auteur cocorico (auteur des très bons Glacé et N’éteins pas la lumière), si vous n’êtes pas méga regardants sur le style parfois simpliste (les débuts notamment) ainsi que sur quelques personnages un tantinet caricaturaux, bizarrement ce thriller est une franche réussite (incroyable non ?). Et oui, en dépit de l’artillerie lourde du thriller américain écrit par un frenchie, Une putain d’histoire est page turner d’une efficacité redoutable qui vous fera perdre pied pour vous emmener là où vous ne vous y attendiez pas. Préparez-vous à un choc quant au dénouement, mais promis je n’en dirai pas plus. Cela ne va pas droit au but comme le proclame une certaine équipe de foot, mais que de tours et de détours, de méandres et de manipulations pour une belle claque dans votre face !

Au commencement, il y a Henry, 17 ans. Henry est un jeune homme d’aujourd’hui. Il aime sortir avec ses potes, aller à l’école, les films d’horreur et la musique, traîne sa carcasse d’ado plus ou moins bien dans sa peau et se paye le suprême luxe d’avoir une petite amie superbe et intelligente, Naomi. Toutefois, Henry s’écarte un brin du schéma traditionnel : primo, il est élevé par un couple de lesbiennes ; secondo, il vit sur une île reculée de l’état de Washington, ce qui en fait de facto un garçon isolé au cœur d’une nature sauvage et impitoyable, âme égarée parmi une population restreinte d’îliens qui se connaissent tous ; tertio, est soupçonné d’avoir assassiné sa petite amie, morte noyée et retrouvée embourbée dans un filet de pêche.

Y’a comme un couac dans la parfaite routine de notre cher Henry. Et puis, pourquoi tant de secrets autour de lui ? Pourquoi n’a-t-il quasiment aucune vie sur les réseaux sociaux à l’heure où chacun s’exhibe ? Dans quelle circonstance a-t-il été adopté par ses deux mères ? D’où viennent-ils d’ailleurs, personne n’en sait rien. Qu’est-ce qui a motivé ses mères à avoir roulé leur bosse à travers le pays, comme fuyant quelque chose ou quelqu’un ? Et qui est cet homme, ce Grant Augustine, homme d’affaires impitoyable, magnat des renseignements, qui semble beaucoup s’intéresser à ce jeune homme ? Que des questions qui trouveront forcément une réponse, patience les amis.

Merci monsieur Minier pour cette belle leçon de thriller du genre je suis manipulée et je ne vois rien venir. C’est quand même la plus belle qualité d’un roman de ce genre. Merci également pour avoir évoqué (et dénoncé), les écoutes et autres surveillances de la NSA (et tant d’autres) qui traquent et épient chacun de nos faits et gestes au nom de la sécurité nationale. Alors je vous pardonne vos quelques maladresses et loue votre hardiesse, celle de vous être émancipé de votre personnage récurrent, Martin Servaz, de vos Pyrénées chéries et de nous avoir servi une putain d’histoire.

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