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Ce mois de novembre 2016 m’aura vue alterner du très bon et du moins bon. Diantre ! serait-ce le coup de mou de fin d’année ? Rassurez-vous les amis, quelques belles pépites dont je vous ai déjà parlées ont fort heureusement émaillé ce mois en demi-teinte. N’ayant ni la force ni l’envie de m’éterniser trop longuement sur les déceptions, je vais donc vous servir un petit medley à ma façon pour que vous vous fassiez une idée plus précise de ce que fut ma consommation littéraire de cette fin d’automne.

Les impliqués. Commençons par un thriller polonais, oui cela existe et nous le devons à (accrochez-vous pour la prononciation) Zigmunt Miloszewski, la nouvelle plume du polar polonais (enfin tout doux, paraît qu’il raccroche) et son procureur/juge d’instruction Teodor Szacki. La chose intéressante concernant ce personnage récurrent, est son incroyable banalité. Ni alcoolique, ni torturé, ni dépressif, ni borderline, juste blasé d’un mariage qui s’essouffle, d’une vie de famille d’une affligeante banalité et sapé par un incroyable sentiment d’injustice chronique face à une hiérarchie qui méprise ses serviteurs les plus dévoués. Comme quoi, y’a pas qu’en France que la coupe est pleine côté justice. Bref, notre magistrat, sorte d’hyperactif présent sur tous les fronts, doit résoudre une affaire de meurtre, celui d’un patient qui se livrait, au sein d’un petit groupe, à une thérapie comportementaliste (en gros, chacun revêt à tour de rôle les oripeaux d’un proche de la personne analysée pour exhumer ses peurs et angoisses les plus profondes). Sauf que tout ce joli fatras a dégénéré. Notre procureur va devoir démêler un sacré galimatias tout en faisant ressurgir un passé communiste polonais loin d’être reluisant.

Si le personnage de Teodor Szacki m’a fait éprouver un sentiment proche de l’empathie, j’ai quand même trouvé le temps long, morne lecture à l’image de son héros. Je mettrais donc un avis passable à ce thriller original mais dont l’intrigue un peu terne, pâtit d’un manque de souffle et de rythme évident.

Round numéro 2 avec Les Grands de Sylvain Prudhomme. Celui-là je l’attendais avec impatience, fortement encouragée par la communauté des lecteurs. Et comme il est question d’Afrique et que, allez savoir pourquoi, la littérature qui y a trait m’attire, j’ai couru acheter ce roman qui nous parle d’un pays peu évoqué, la Guinée-Bissau, petit état de la côte Atlantique, ancienne colonie portugaise. Sylvain Prudhomme rend hommage à un groupe mythique des années 70, les Super Mamma Djombo, qui a enflammé des générations entières d’Africains de l’Ouest. L’écrivain donne la voix à un ancien musicien du groupe, Couto (seul membre fictif) qui revit en pensées les belles années du groupe, souvenirs scandés par ses pérégrinations dans les rues de la capitale en proie au futur et énième coup d’état de l’armée. C’est que Dulce, la voix des Super Mamma Djombo, l’âme du groupe, la belle et envoutante chanteuse, est morte et avec elle, celle d’une époque faite d’insouciance, d’espérance pour ce pays nouvellement indépendant. Un pays et une jeunesse bien décidés à prouver son énergie et sa foi dans l’avenir, celui d’une démocratie africaine moderne. Mais les désillusions viennent, les nouveaux gouvernants remplaçant en corruption et en violence les anciens colons. Des thèmes forts pour un roman qui n’a pas eu l’effet escompté sur moi, tel serait l’amer résumé que j’en ferais. La faute à pas de chance, au contexte, au style que j’ai trouvé sans réelle profondeur, comme distancié par rapport aux événements, au manque d’empathie pour les personnages. Je suis passée à côté comme on dit. Mais que cela ne vous empêche pas d’y jeter un œil pour satisfaire votre curiosité.

Round numéro 3 avec Oliver ou la fabrique d’un manipulateur de Liz Nugent. Tout est dit dans le titre : on y parle d’un homme, Oliver, qui après 20 ans de vie commune, frappe violemment son épouse, la fragile, douce et docile Alice, la précipitant dans le coma. Comment cet homme, écrivain à succès bien sous tout rapport, mari aimant et ami charismatique, d’apparence si flegmatique, a-t-il pu commettre l’irréparable ? Qui se cache derrière Oliver ? Liz Nugent dénoue le fil d’une vie basée sur le mensonge et la manipulation à travers le témoignage de ceux ayant côtoyé de près ou de loin l’énigmatique et insaisissable Oliver. C’est pas du joli-joli si vous voyez ce que je veux dire. Ce roman est un honnête thriller psychologique qui se lit d’une traite, soyez-en certains. Nous alternons entre empathie et profond dégoût face à ce monstre tapi, véritable empereur de la manipulation. Un peu grossier dans le traitement mais efficace avec une fin relativement déconcertante. Une mention presque honorable pour un premier roman.

Allez, on finit sur Nuit mère de Kurt Vonnegut. Je vous préviens, nous entrons dans la catégorie grosse déception, y’a pas à tortiller du c…Ce roman qu’on m’avait vendu comme irrévérencieux, atypique et iconoclaste, cette autobiographie fictive, celle de Howard Campbell Jr, zélé antisémite américain, voix émérite des ondes nazies durant la guerre, en réalité espion à la solde des ricains, en attente de jugement en Israël pour complicité de crimes de guerre, a fait l’effet d’un soufflé au fromage trop vite retombé (quasiment à la vingtième page). Zut et rezut ! Quel ennui les amis, quel ennui ! Tout tombe à plat, je n’ai adhéré ni au style ni au fond. Antihéros par excellence, notre nazillon-espion tente tant bien que mal de me faire décrocher un sourire, que dis-je une ébauche de rictus qui n’est jamais venue. La forme m’a tellement ennuyée que j’ai manqué le fond et la morale de cette histoire. Je suis certaine qu’il y a une leçon à tirer. Mais soit je suis trop fatiguée, soit aveuglée, en tous les cas, Nuit mère restera dans ma mémoire aussi longtemps que le goût d’un repas chez Flunch.

 

 

 

 

 

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