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Franchement, mêler mémoire de la Shoah et thriller contemporain du type bien sanglant, ce n'est pas très commun ; il fallait oser. En tout cas, le subtil dosage avait de quoi m'éperonner et je ne regrette pas la recette. Johana Gustawsson (petite-fille de déporté, ce qui, allez savoir pourquoi, justifierait presque cette effronterie) nous sert un suspense habile et haletant entre Londres et le trou du cul de la Suède en passant par le camp de Buchenwald en 1944.  

 

Attention, braves lecteurs, ce que vous allez lire va vous retourner l'estomac, vous faire regretter le Big Mac bien gras englouti quelques secondes avant. L'inimaginable, la cruauté à l'état pur, vous seront servis sur un plateau d'argent sans possibilité de retour. Un aller simple vers l'enfer et les méandres tordus de l'esprit humain capable du pire.   

 

Qu'est-ce qui relie un écrivain français, une profileuse canadienne, un déporté allemand, une joaillière suédoise, des jeunes enfants ? Ça vous laisse dubitatifs pas vrai ? Un indice : des meurtres rituels d'enfants à Londres, énuclées et rendus muets par la trachée sectionnée, font échos à celui perpétré à des milliers de kms de là sur une joaillière suédoise de renom. Alexis Castells, notre écrivain(e) français(e) spécialiste des serial killers (accessoirement une des amies de la victime) fait équipe avec la mystérieuse profileuse Emily Roy, plus habituée à côtoyer les morts que les vivants et atteinte d'une fâcheuse tendance à mettre mal à l'aise ses interlocuteurs. Vous l'aurez deviné, ces meurtres trouvent leurs genèse dans les tréfonds de l'histoire de Buchenwald et des horreurs commises au cœur du chaos de l'usine à tuer nazie.  

 

Faites abstraction de quelques facilités (le duo d'enquêtrices dépareillées, s'il a le mérite d'être féminin pour une fois, ne m'a guère transcendée car trop attendu), pour plonger dans une sordide histoire qui vous fera claquer des dents. Avec une fin étonnante à laquelle je ne m'attendais pas. Mention spéciale aux passages sur Buchenwald et ceux sur la personnalité du tueur qui font froid dans le dos et donnent tout son sens au roman.  

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