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Chers amis lecteurs, avant d'entamer cette chronique, il vous faut savoir la chose suivante : j'ai longuement hésité à me lancer sur le sujet Elena Ferrante tome 3.

Bah oui, que vais-je pouvoir ajouter de plus innovant, de plus détonnant ou pertinent par rapport aux centaines de chroniques qui émaillent déjà la blogosphère (et le livre n'est sorti que depuis 2 mois à peine) ! ? Cela vaut-il la peine de rajouter une couche à la couche de la couche (vous me suivez ?)). 

 

Mais comme je vous aime bien et qu'au final le tome 3 de l'Amie prodigieuse m'a beaucoup plu, je suis donc devant vous, prête à déclarer ma flamme de lectrice enthousiaste à la face du monde ! Meilleur de tome en tome, Celle qui fuit et celle qui reste est un petit bonheur de lecture. Je suis accro aux aventures de Lila et Lenu, les amies inséparables que tout oppose et tout sépare : l'histoire, le destin, la politique, l'amour, la famille, absolument tout. A force de croire que rien ne les lie et que cette amitié n'est que du vent. Et croyez-moi, du vent il va y en avoir ! Il va souffler sur leur destin avec la force du mistral et de la tramontane conjugués, c'est dire.

 

Lénu et Lila vieillissent. Exit les émois adolescentes. Ce sont dorénavant des femmes aguerries qui abordent la trentaine chacune à leur manière : dans le confort bourgeois d'un mariage pour Lénu, dans le concubinage de fortune et la misère sociale pour Lila. L'une vit à Florence, l'autre est revenue au sein du bercail napolitain, l'une est devenue une mère de famille bien rangée qui s'ennuie ferme, l'autre une fille-mère revêche et débrouillarde qui n'a pas le temps de s'ennuyer. Autour d'elles, le petit peuple de leur enfance continue sa vie, alternant entre fascisme affiché et communisme agressif. Nous sommes dans les années 60 et l'Italie vit des moments difficiles : grève des étudiants, revendications sociales dans tous les sens, libération des mœurs, anticonformisme, attentats et meurtres au nom de grands principes politiques, les fameuses années de plomb. En résumé, ça se bastonne dans tous les sens et chacun choisit son camp. Lila et nu ne vont pas y couper. 

Comment vous décrire l'attachement porté à ces 2 héroïnes (avec toujours ma préférence pour Lenu, la rondouillarde un peu craintive qui s'affirme au fil des pages et prend enfin - punaise il était temps - son destin en main) ? Je suis leur compagnon de route et quel plaisir ! Ça virevolte, ça s'engueule, se réconcilie, s'aime et se déchire à la sauce napolitaine. Rebondissements en tout genre et retournements de situation, rien n'est jamais figé et le tout défile à un rythme infernal. Amour, haine, amitié, politique, histoire, rêves déchus et ambitions, tout se mélange dans un foutoir jouissif. Elena Ferrante m'embarque, comme chaque fois, avec toujours plus de talent. Finis les débuts en demi-teinte du 1e tome. Je suis accro, définitivement. Et si cette chronique n'a rien d'innovant, j'espère au moins vous avoir prouvé ma sincérité car c'est tellement rare de lire une vraie saga romanesque qui soit intelligente, acerbe tout autant que touchante. Mamamia, à quand le dernier tome ?

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