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Avec sa belle couverture noire et cette femme mystérieuse sirotant avec sensualité une coupe de champagne en vous fixant du regard, on serait loin de se douter que la principale protagoniste est en réalité une pauvre fille vivant des aides sociales et survivant tant bien que mal dans un HLM sordide de la banlieue londonienne. Et pourtant, Helen, « Smudge » de son petit nom, aurait pu devenir cette belle femme à l'assurance espiègle qui nous observe, lecteurs, de son air hautain et mystérieux. Qu'est-il advenu d'Helen entre-temps ?

 

Ann Morgan nous offre une sombre histoire qui questionne les apparences sous toutes ses formes à travers le destin de deux jumelles, Ellie et Helen, qui un jour de profond ennui et par jeu, décident d'intervertir leurs identités : la meneuse, Helen, intelligente, la plus perfide des deux mais aussi la plus débrouillarde, petit bout de fillette un brin cruelle avec sa sœur, propose à Ellie la simplette, la candide et empotée, de prendre sa place rien que quelques heures. Ce serait si drôle de berner leur entourage. Mais ce qui ne devait être qu'un leurre temporaire prend vite un tournant inattendu : Ellie se prend au jeu et convainc tout le monde, leur mère y compris, qu'elle est Helen. Et le pire advient : elle se métamorphose en une parfaite réplique d'Helen et rien n'y fait malgré les protestations de cette dernière qui assiste, médusée et impuissante, au basculement inéluctable de son destin. La descente aux enfers commence. Helen/Ellie sombre et devient ce rebut de la société tandis que sa sœur devient une célébrité de la télévision, admirée et aimée de tous.

 

Je suis embêtée avec ce thriller je ne vais pas le cacher. Je me suis prise d'affection pour Smudge, assistant interloquée à sa déchéance et Ann Morgan réussit, en dépit d'une entrée en matière qui n'augurait pas trop (je trouvais le style un poil simpliste), à faire monter le suspense. Mais cette fin, mon dieu, quelle fin décevante ! Non, non et non, pas possible de balancer une telle conclusion à ce thriller, franchement c'est péché ! Plus plat et à ras des pâquerettes du dénouement, on fait pas. Je sais que je ne fais pas dans la dentelle mais quand on nous promet un roman sur les apparences trompeuses et au regard de la qualité des romans noirs sur ce thème qui émaillent notre paysage littéraire, là c'est gâcher toutes ses chances de marquer les esprits. Est-il besoin d'en dire plus ? Non je ne crois pas. Allez hop je m'arrêterais là. Je remercie néanmoins Babelio et Les presses de la cité pour cette opération Masse critique.

 

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