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Soyez prévenus : votre canal lacrymal risque d'en prendre un sacré coup à la fin de ce roman. Vous ne pourrez pas m'en vouloir si vous reniflez et êtes obligés d'essuyer discrètement vos yeux. Parce qu'autant vous le dire, Les derniers jours de Rabbit Hayes est un pur concentré d'émotions à l'état brut qui réussit le pari de ne jamais, une seule seconde, tomber dans le pathos, en évitant le piège de la surenchère sentimentale à la sauce guimauve. Je dois vous confesser avoir eu peur en achetant ce livre au regard du sujet. Mais quand monsieur Collard (le libraire, pas l'avocat facho), en a parlé avec des trémolos dans la voix lors d'une de ses émissions, je me suis dit qu'il fallait creuser le sujet et comme j'ai bien fait.

 

Whaouh quel putain de récit ! Faut dire que le sujet en lui-même explique la déferlante d'émotions qui m'a étreinte tout au long de ma lecture. Au terme d'un combat de longue haleine qui l'aura menée au bout de ses forces et de sa peine, Mia (surnommée Rabbit) Hayes passe ses derniers jours dans un centre de soins palliatifs pour y mourir sereinement, entourée de son encombrante et néanmoins aimante smala. Cette journaliste combative, indépendante, mère célibataire d'une adorable pré-ado de 12 ans, attend la mort au terme de 4 années de lutte contre ce foutu cancer qui l'a rongée petit à petit, en dépit des rémissions, des chimio, de son espoir insensé. Le combat contre cette merde est malheureusement perdu pour elle.

 

9 jours, c'est ce qui lui reste pour dire adieu à ceux qui l'ont aimée de toutes les manières possibles : ses parents et surtout sa mère, Molly, la furie irlandaise à l'amour débordant, sa grande sœur, Grace, toujours là pour la protéger, son frère, Davey qui vit de sa passion, la musique, de l'autre côté de l'océan, sa meilleure amie, Marjorie, la fidèle comparse de toujours. Pour Rabbit, c'est aussi l'heure de faire le bilan de sa vie épanouie en tant que fille, sœur, femme, amie, amante et mère mais aussi celui de revivre ses plus beaux moments et notamment sa rencontre avec celui qui restera à jamais l'homme de sa vie.

 

Et le pire dans cette putain d'histoire tragique c'est que j'ai autant eu envie de pleurer que de rire tant Anna Mac Partlin a mis de gaieté et d'humour dans son récit. Car aussi terrible que cela puisse paraître, cette mort n'est en rien un moment lugubre. Il s'agit au contraire d'un dernier sursis de bonheur familial, celui d'une Rabbit résignée mais sereine, entourée des siens ; quelle plus grande chance avoir ?

 

Fin, drôle, impertinent et sensible, ce roman est une petite pépite qui a réchauffé mon cœur de lectrice. J'ai adoré cette famille Hayes, passer ces 9 jours à leurs côtés, revivant avec nostalgie les bonheurs et les drames du passé. Pas un seul faux pas ni une seule note de mauvais goût. Je vous exhorte à le lire et pas la peine de me dire que le sujet est trop dur car vous passeriez à côté d'un si beau roman que ce serait criminel, alors on fonce !

 

 

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