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Dernier volet des enquêtes de notre capitaine Coste du SDPJ du 93 et de sa bande d'acolytes fidèles et éclectiques, Surtensions est une chronique sociale survoltée, celle d'un 93 sur le point d'imploser et de ses représentants de l'ordre au bord de la crise de nerfs. Olivier Norek est lui-même flic et il connaît son affaire, ça transpire à chaque page, ne vous y trompez pas, le tableau est loin d'être édulcoré.

 

J'avais eu une sorte de crush pour Code 93 suivi d'une amère désillusion avec Territoires. Surtensions sera en demi-teinte : loin de l'enthousiasme et du choc éprouvés face au 1e volume mais plus percutant et dynamique que le 2eme.

 

Dans ce dernier volet, Coste doit gérer quelque cas de conscience alors qu'un amas bien puant d'affaires tendues accule la fine équipe, toujours aussi soudée (un peu de lumière et d'espoir dans ce chaos social). Allez, petit florilège rien que pour vous : l'enlèvement d'un jeune homme de confession juive et une demande de rançon (une affaire Ilan Halimi de plus), la libération chaotique de 5 détenus bien frappés jusqu'à l'os (citons parmi eux un pédophile de grand cru) et puis allezc'est bien parce que c'est vous, le vol de pièces à conviction en plein cœur du tribunal de Bobigny, vol aux conséquences terribles ! Qui dit mieux ?

 

Coste va être malmené, ô que oui ! Son équipe aussi. On sait dès le départ que quelque chose de tragique arrivera à l'un d'entre-eux ; la question est de savoir qui. Norek dénoue le long fil de cette affaire pourrie dès le départ pour nous livrer une histoire où la violence le dispute à l’intolérable, à l'insupportable. L'écriture de Norek est semblable à un film, faite de retours en arrière et de scènes très visuelles qui retranscrivent toutes avec justesse et effroi l'univers carcéral, le mal profondément enfoui en chacun, ce qu'on est capable de faire par amour, par appât du gain, par jalousie ou tout simplement par envie, par pulsions. Tout le monde en prend pour son grade : du flic gonflé d'orgueil et de suffisance, en passant par l'avocat vénal, les gardiens de prison insensibles à ce qui se passe autour d'eux, les frappes de petite catégorie. Et dans ce maelstrom de détresse et de violence à l'état pur, l'amour parfois qui pointe le bout de son nez.

 

Territoires est saisissant. Mais peut-être qu'au fond, j'en ai déjà trop vu avec Code 93, me rendant hermétique par réflexe de protection. Fermerais-je les yeux pour éviter la réalité sordide ? Sans doute. Territoires est le roman de trop et rien à voir avec ses qualités littéraires indéniables. Cela vient de moi, question de sensibilité et de point de vue. Si vous avez le cœur bien accroché et les foies, n'hésitez pas une seconde.


 

 

 

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