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Gros pavé pour méga coup de cœur ! Du romanesque, de l'amour, du drame, des rêves et des espoirs, parfois déçus, de l'émotion à l'état brut, toujours à 100 à l'heure. C'est certain, Le gang des rêves est une pépite à tout point de vue.

 

Luca di Fulvio réussit le pari de retracer en quelques 900 pages (croyez-moi, vous ne les verrez pas passer), tout un pan de l'histoire de New York et de l'Amérique, celle des immigrés venus trouver bonheur et richesse chez l'Oncle Sam. Mais vouloir parler de toutes celles et ceux hypnotisés par une promesse de vie meilleure, même en réduisant à un groupe, serait l’œuvre d'une vie. Luca Di Fulvio, lui, s'attarde sur une femme, que dis-je, une jeune fille à l'innocence trop vite volée, fleur fauchée à peine éclose.

 

Cetta Luminata n'a pas 13 ans lorsqu'un rustre en habit du dimanche la viole dans un champ de blé, à la barbe et au nez de tous. De cette union malheureuse naîtra pourtant la raison de vivre de Cetta, son fils Natale, la chair de sa chair, son unique trésor. Mais élever seule le fruit du déshonneur n'étant pas envisageable, l'issue d'un bonheur futur se trouve ailleurs, en Amérique qui accueille à bras ouverts les audacieux. Qu'à cela ne tienne, Cetta et Natale deviendront Américains ! Quitte à se donner à un capitaine de navire peu scrupuleux le temps de la traversée pour larguer les amarres et atteindre la terre des possibles. Nous sommes en 1909 et les quotas n'ont pas encore restreint les flux migratoires.

 

Cetta atterrit dans le Lower East Side, fin du voyage pour la Ritale ébahie devant la démesure de cette ville. Fin des illusions également. Allez hop, au turbin la gourgandine ! Et pendant ce temps-là, le fiston, rebaptisé Christmas par les douaniers américains, grandit au milieu d'un creuset multiculturel faits de bidouilles en tout genre, de braves travailleurs comme de fieffés filous, les Ritals, les Irlandais et les Juifs se mêlant pour le meilleur et pour le pire dans ce quartier, cimetière de nombreux espoirs.

 

Le gang des rêves, c'est aussi l'histoire de Christmas, récit de son amour pour la belle Ruth et comment parvenir à réaliser ses rêves dans le pays de l'Oncle Sam quand on est fils de prostituée et enfant d'immigrée. Autour de notre héros à la mèche rebelle et aux yeux d'un noir de jais, gravite tout un petit monde coloré qui se chahute, se déchire, s'aime et se trahit, la poursuite du bonheur comme seul point d'orgue : par l'argent pour certains, à travers l'amour pour d'autres, mus qu'ils sont tous par cet incroyable appétit de vivre propre à cette période charnière qui aura vu se développer le concept de gang mafieux.

 

Le gang des rêves est une réussite en ce qu'il nous transporte véritablement ailleurs, au cœur d'une valse tourbillonnante d'émotions, l'histoire intime tâtant de la grande Histoire, celle de l'Amérique intrinsèquement liée à ses immigrés. Et assister, des sanglots dans la gorge, à une histoire d'amour digne d'une tragédie grecque, Christmas et Ruth, les anges maudits que l'on a du mal à quitter.

 

Difficile de passer à autre chose tant j'ai aimé ce roman, cette saga, cette épopée de la rue et de la niaque, du goût absolu pour la vie, des rêves ultimes. Et j'en mets ma main à couper, vous aussi, aurez du mal à lâcher les dernières pages. 

 

 

 

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