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Enfin ! Enfin le mystère Rebecca est levé ! Me voilà libérée du poids de la faute, celle de ne pas avoir lu plus tôt ce classique du roman gothique post XIXe siècle ! Vous ne pouvez pas savoir comme je m’en veux d’être passée si longtemps à côté de ce superbe roman de genre, oppressant à souhait, de ce Manderley fantasmé, sujet d’angoisse, de Maxim de Winter, le châtelain douteux et charismatique, de sa fade et jeune 2e épouse dont on ne connaîtra jamais le prénom, chose inconsistante et insignifiante mais pas tant que ça finalement, de Rebecca de Winter, la 1e femme, exquise et fascinante femme fatale qui continue d’exercer son pouvoir même dans la tombe.

Ô Vilaine Daphné du Maurier, qui derrière la pale et banale histoire d’amour entre un Maxim de Winter, veuf inconsolable et vieillissant et la timide narratrice, dame de compagnie d’une excentrique commère Américaine, tombés réciproquement sous le charme lors d’un séjour commun à Monte Carlo, nous livre un récit âpre, à l’atmosphère étouffante. Et diabolique est le récit d’apprentissage de notre jeune héroïne qui en quittant le cadre idyllique de la Riviera, fait l’amère expérience d’un Manderley mortifère, peu accueillant où chaque bibelot, chaque tenture, chaque fleur, rappellent l’éclat de la défunte maîtresse des lieux. Et nous de compatir sincèrement à la désillusion qui l’étreint.

J’en ai encore froid dans le dos. Quelle prouesse chère Daphné du Maurier, quelle cruauté sourd derrière chaque phrase, chaque intention. Je me suis fait l’impression de marcher sur un parterre de roses épineuses tout le long de ma lecture. Et quel délice (faudrait être maso), d’autant plus que Rebecca n’a pas pris une ride (rappelons que le roman a été publié en 1938). Rebecca, un simple prénom pour un roman complexe qui mérite grandement sa place parmi les incontournables de la littérature anglaise.

 

 

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