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Dur d'être une psychologue de renom spécialiste en affaires criminelles et narcoleptique. Une envie irrépressible de dormir qui vous saisit sans crier gare, au beau milieu d'une réunion de flics déterminés à débusquer un kidnappeur d'enfants jouant avec leurs nerfs depuis des mois, et hop, vous perdez toute crédibilité. Faut dire que c'est sacrément emmerdant tout de même.

 

Abigaël est pourtant une excellente professionnelle, mis à part ce léger problème. Les pistes se multiplient pour savoir qui se cache derrière ce psychopathe et notre psy en dresse peu à peu un profil plus précis qui permettrait de sauver des vies innocentes. Jusqu'au drame. Son père et sa fille meurent dans un accident de voiture ; elle survit. Fin du voyage et descente aux enfers. Pour survivre et supporter tant bien que mal l'inacceptable, boire, se shooter aux médocs et de plus en plus fréquents, les crises, les absences, les trous noirs. Abigaël se noie et sombre dans une paranoïa qui lui fait perdre tous repères. Elle se meut en pantin manipulé par celui qu'elle croyait traquer. Qui croire ? Qui se joue d'elle ?

 

Le cauchemar ne fait que commencer et vous pouvez compter sur mister Thilliez pour vous titiller avec son art consommé du suspense. Rêver est un thriller d'une très grande noirceur, implacable. Pas question de gore ici ni de scènes insoutenables de cruauté mais plutôt de manipulation psychologique en bonne et due forme. Quand la frontière du rêve côtoie dangereusement les limbes de la réalité. Abigaël est une femme aux abois, au bord du précipice, que l'on a envie de protéger, instinctivement, tant elle fait peine à voir, fragile et traumatisée par une succession de drames qui l'accablent de jour en jour. A croire que Franck Thilliez peut pas la blairer son héroïne.

 

Dommage que les ficelles m'aient semblé trop grosses pour complètement adhérer à l'histoire. Je ne vais pas vous mentir, si le procédé stylistique est original et m'a accroché, les chapitres alternant sur un laps de temps de 6 mois, plongeant ainsi Abigaël dans un incessant va et vient qui l'a fait douter de tout (et nous par la même occasion), le dénouement m'a semblé tiré par les cheveux et cette fameuse vraisemblance à laquelle nous tenons tant, a foutu le camp.

 

Rêver ne sera pas le meilleur de Thilliez mais qu'à cela ne tienne, je compte bien m'en relire quelques uns d'ici la fin de l'année car je sais qu'il est capable de bien mieux (je me souviens de ses 2 premiers romans et j'en ai encore froid dans le dos).

 

 

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