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Mon drame a été d’avoir vu la série avant… Difficile d’entrer pleinement dans l’histoire une fois que mon idée est faite sur la physionomie des personnages, leurs particularités et jusqu’à l’intrigue, plus romanesque dans l’adaptation série, forcément. Sachez en effet que la saison 1 de The Handmaid’s tales s’achève sur le dénouement du roman. Vous vous en doutez, les scénaristes dont Margaret Atwood, ont développé de nombreuses pistes et complexifié une grande partie des personnages. Autant vous dire qu’au regard du succès de la 1e saison, une 2e puis une 3e voire plus, seront tournées.

Mais attachons-nous au récit à proprement parler. Eh bien, même si son sujet a de quoi faire frémir dans les chaumières et glace le sang, son traitement m’a moins convaincue. Je crois que le fatalisme de June, notre narratrice, résignée face à sa nouvelle condition d’esclave fécondable, matrice à la solde des puissants, a eu un effet quasi instantané sur moi, celui d’une profonde révolte. Pourtant, l’histoire a démontré que l’Homme s’accommode de tout : les guerres, les persécutions, la dictature, l’extrémisme…et souvent se résigne. June/Defred appartient à cette catégorie de personnes.

L’histoire, parlons-en : une pseudo république chrétienne conservatrice, Gilead, règne sur une partie du territoire étasunien. La faute à une trop grande liberté : de penser, de bouger, d’aimer, de vivre. Trop d’excès, celui du capitalisme, du sexe, la consommation à outrance, la pollution, ont conduit une partie de la société à se révolter. Son but : retourner à une vie plus saine, dépouillée de tous ses oripeaux postmodernes en basculant définitivement vers les valeurs chrétiennes (protestantes bien entendu) de leurs ancêtres. Une obsession, une seule : le retour à l’ordre moral. Un objectif affiché : relancer la natalité quasi nulle, qui a privé le monde d’un renouvellement des générations devenu dangereux pour le genre humain. Les femmes ne peuvent plus avoir d’enfants, ou alors ils naissent difformes, malades. Pouvoir donner la vie est devenu une chose rare, un bien qu’on jalouse. Les rares mères sont ainsi réquisitionnées par la classe dirigeante. Ces servantes habillées de rouge, sont envoyées au sein des familles et deviennent les réceptacles muets et conciliants de la semence de ces messieurs. Il faut créer la génération d’héritiers que voulez-vous.

June/Fefred en fait partie, elle qui a perdu son mari et sa petite fille lors d’une rafle. Envoyée chez l’une de ces familles (elle appartient à Fred Waterford d’où son prénom, Defred), elle nous livre ses états d’âme, revit les jours de bonheur, celui d’un monde libre où elle était quelqu’un d’aimé, de respecté. Et explique le basculement inévitable qui eut lieu et mena à Gilead, la sainte.

La servante écarlate est une dystopie et c’est d’autant plus incroyable que ce roman a été écrit en 1984 (coïncidence ?). Le sujet fait froid dans le dos et révolte n’importe quelle personne sensée dont je crois faire partie, femmes comme hommes d’ailleurs. Ce livre a été remis au gout du jour par la série et surtout, par l’accession au pouvoir de Trump, le foutu misogyne. Quoi de mieux que de brandir ce récit à la face du monde. Rappelons-le, quitte à passer pour une vieille peau de féministe, mais nos libertés régressent et le regard porté sur nous les femmes, devient de moins en moins conciliant ! Bref. Lisez ce roman parce qu’il est nécessaire. Ou regardez la série. Et même si le style de narration ne m’a pas emballée plus que ça, tant pis !

 

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