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L’amour, qui s’y frotte s’y pique. Car aimer l’autre, c’est se donner corps et âme au bon vouloir d’un partenaire qui vous maltraitera, malgré lui sûrement. De l’amour à l’extase, on passera par l’habitude, remarquant les petits travers de l’autre, s’en agaçant puis s’en accommodant et pour finir, retour à la case départ, l’amour s’éteint et fait place à un brave compagnonnage.

De cela, François n’en veut pas. Que la flamme de la passion, le paroxysme de l’amour s’éteignent, c’est inenvisageable ; il en a trop bavé par le passé.

Aussi, quand l'amour avec un grand A frappe à sa porte en la personne de Marie, feu follet immensément amoureuse de François, ce dernier ne peut envisager la fin de cet amour par lassitude. Et l'idée de génie (avec un grand G) apparut à son esprit tordu : s'il venait à mourir, là maintenant, à l'acmé de leur amour, François laisserait une Marie éperdue de chagrin, veuve inconsolable qui garderait le souvenir d'un être irremplaçable. Les autres hommes de sa vie lui paraîtront fades, et jamais la flamme de François ne s'éteindrait dans son cœur. Mais quelle riche idée François ! allez hop, simulons une mort bien tragique, tiens, passé sous les rames du métro, avec comme messager de la mort, porteur de cette triste nouvelle, son seul ami, Didier, complice malgré lui, obligé de mentir à la pauvre Marie. 

François change radicalement de look, de quartier et devient autre. Mais pas de bol pour notre psychotique, l'amour frappe à nouveau, puis encore une autre fois. Et comme une rengaine, la mort programmée et le pauvre Didier,  désespéré d'annoncer le mensonge à cette brochette de femmes au bord du désespoir. François devient un serial killer de l'amour, malade et parano parvenu au comble du ridicule, faisant monter la tension dans mon esprit de lectrice (et de femme) avide de lui foutre mon poing dans la figure ! 

Bien que le sujet fasse frémir, j'avoue m'être laissée agréablement embarquer dans ce récit picaresque qui a le mérite d'être vraiment original. J'ai adoré détester François, ce parisien nombriliste, égocentrique, égoïste, malade et suivre ses péripéties ubuesques dans les rues de Paris. Et Didier, le pauvre hère, compagnon d'infortune, qui se révèle bien plus complexe qu'on le pense. 

Je comprends qu'on puisse aimer ou rejeter ce genre de romans. Pour ma part, je reconnais faire partie de la 1ere catégorie, d'autant plus que le style de François Szabowski est limpide, coule de source et reconnaissons-le, percutant et pertinent sur les méandres de l'amour et du couple. 

L'amour est une maladie ordinaire est un bon premier roman, original, qui se lit en une après-midi. Pas le roman du siècle mais on passe un agréable moment. Alors ne boudez pas votre plaisir. 

Je remercie les éditions le Tripode pour m'avoir fait découvrir ce succulent roman

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