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Lors du Forum Fnac Livres, j'eus la chance de rencontrer le charmant auteur qu'est Ali Zamir (que j'ai d'abord confondu avec Alain Mabanckou je le confesse, mais le port du chapeau fut un leurre ;)).

 

Si je reste dans le territoire de la franchise, j'évoquerais également l'absence totale de connaissance sur cet écrivain dont j'appris au détour du web, qu'il est comorien, auteur francophone et a déjà publié un roman, Anguille sous roche, qui a transcendé les critiques. C'est donc toute penaude que j'avançais, mon exemplaire à la main, en fervente fan de la littérature francophone africaine, bien décidée à affronter l'inconnu (sinon quel serait l'intérêt de la littérature). Outre qu'il soit charmant, souriant et m'ait écrit une très jolie dédicace, Ali Zamir nous a parlé avec beaucoup de ferveur, de son 1e roman pour nous donner envie de lire son second dont je vais vous parler séance tenante.

 

Mon étincelle est avant tout une histoire d'amour, classique thématique nous en conviendrons. Oui mais sous la plume d'un ascète des mots comme l'est Ali Zamir (lecteur, prépare-toi à consulter régulièrement ton dico car notre loustic prend un malin plaisir à sortir des tréfonds de la langue française, des termes dont je ne soupçonnais pas l'existence). Une lecture exigeante certes mais comme j'ai aimé cette langue châtiée, déliée, ces circonvolutions grammaticales, ces tournures stylisées, la beauté des mots mis bout à bout, mâtines de dialogues sortis du quotidien comorien, le plus cru des langages côtoyant des pépites littéraires. Le prosaïque tâtonnant du sublime, les exigences du sexe fait pour le sexe, pour l'acte, s'opposant à la pureté d'un sentiment amoureux qui transcende les barrières et le temps, la corruption et la colère avoisinant le sens de l'honneur et l'éthique morale.

 

Notre narratrice, ballottée sur un vol chaotique au destin plus que précaire, se remémore l'histoire d'amour de ses parents quelques dizaines d'années plus tôt. L'occasion pour Ali Zamir de reconstituer tout un monde de couleurs, des personnages excessifs et attachants, une Comores démocratique où le principe de tribus prédomine encore et régit la société patriarcale, un système politique gangrené par l'atavisme. Une Comores qui s'en sort bien malgré les crises qui la secouent mais qui laissent une jeunesse comorienne sur-diplômée sans emploi. Il est question de tout cela dans Mon étincelle.


 

Merci à Ali Zamir de nous offrir un si joli roman qui m'ait fait sortir de ma zone de confort. Si je n'en retiendrais pas forcément l'histoire d'amour, somme toute un peu trop banale, vous pouvez être certains que je garderais un souvenir ému de ce qu'est la beauté de la langue française et le sacerdoce de l'écrivain.

 

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