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Bon comment commencer cette critique…Je pourrais débuter par le niveau de stress de tension enregistrés la nuit du 26 juillet 2013, avec un record dans les dernières 200 pages. Mon palpitant en souffre encore. Je pourrais également vous parler de mes sursauts et autres « non c’est pas vrai….. » malgré moi prononcés. Je pourrais aussi mentionner le nombre incalculable de fois où j’ai pensé au roman alors que j’étais tranquillement assise à mon poste. Oui je pourrais débuter par tout cela pour vous présenter Juste une ombre de Karine Giebel. Vous vous en doutez, ce thriller m’a littéralement scotchée du début à la fin. Pas un temps mort, aucun essoufflement alors que c’est un gros pépère de plus de 600 pages tout de même. Oui mais quand c’est aussi réussi, on ne voit pas le temps passer que voulez-vous.

Juste une ombre appartient à cette maudite catégorie des purs thrillers psychologiques qui jouent avec vos nerfs dès la première page et ne vous lâchent pas. L’histoire peut se résumer ainsi : Cloé est une trentenaire parfaitement accomplie, belle et irrésistible auprès de la gente masculine, c’est un vrai requin qui a gravi un à un les échelons de sa société et s’apprête à recevoir la consécration professionnelle ultime, à savoir être directrice d’agence. Autant vous le dire, c’est un personnage arriviste, égoïste, très antipathique, ce qui ne va pas la servir par la suite. Tout semble lui réussir et pourtant il y a un hic… Cloé est suivie par un homme qui va petit à petit faire de son quotidien un cauchemar, un enfer sur terre. S’insinuant dans son quotidien, cette « ombre » noire progresse par touche, effrayant sa proie et pénétrant son intimité de façon insidieuse. L’homme, loin d’être un novice, ne fait jamais rien de trop voyant ni d’excessif, rien en tout cas qui puisse être prouvé et donner lieu à une enquête de police. Car le but ultime du prédateur est très clair : isoler Cloé en la rendant la plus vulnérable possible et la faire passer auprès de son entourage pour une femme au bord de la folie en proie à des délires paranoïaques. Et c’est réussi. Le roman nous livre la lente déchéance vers la plus pure solitude et démence de cette femme terrorisée que personne ne veut croire (amis, petit ami, police…). Un seul homme est prompt à la croire et il s’agit d’un inspecteur bourru qui traîne déjà quelques grosses casseroles (je n’en dis pas plus promis).

Ce qui est particulièrement tordu - et là je tire mon chapeau à Karine Giebel - c’est qu’en tant que lecteur on a presque envie de croire que Cloé est folle tant elle reste antipathique même au plus fort de sa terreur. Je dois confesser qu’à plusieurs passages j’ai presque cru que cette persécution n’était que le fruit de son imagination. Je l’ai d’autant pensé que cette héroïne m’a insupportée durant les 600 pages (c’est mon côté fille un peu jalouse je le concède :=).

Bref, vous ne pourrez pas détester Juste une ombre qui pour moi a révélé un vrai talent, celui de Karine Giebel. Foi de lectrice, vous sursauterez, vous vous rongerez les ongles, vous regarderez autour de vous avec une pointe de frayeur et vous irez vérifier la serrure en plein milieu de votre lecture juste au cas où !

Juste une ombre de Karine Giebel, éditions Pocket
Tag(s) : #thriller

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